Dans un article paru le 20 août dans le média The Conversation, des chercheurs de l’Inrae et d’UniLa Salle estiment que les échanges d'effluents entre exploitations d'élevage et de grandes cultures, peuvent ne pas avoir les vertus attendues, si mal encadrés. « La coopération entre les fermes spécialisées n’amène pas forcément des économies d’azote et donc des bénéfices environnementaux », estiment les chercheurs. Ils s'appuient notamment sur leur étude menée auprès de 18 exploitations en Espagne, dont certaines échangeaient des effluents avec leurs voisines. Ils ont identifié l' « effet rebond » suivant : l’échange d’effluents ne diminue pas forcément l’usage d’engrais synthétiques (en grandes cultures) et les fuites d’azote dans l’environnement (pour les élevages). Certains cultivateurs continueraient d’utiliser des engrais synthétiques pour « s’assurer » d’avoir de bons rendements, expliquent les chercheurs. Et certains éleveurs, « libérés » de la contrainte réglementaire du chargement par hectare visant à gérer les effluents, peuvent élever plus d’animaux, ce qui augmente leurs achats d’aliments et donc le risque de pertes azotées. Pour éviter cet « effet rebond », les auteurs de l'étude estiment que « des mesures plus ambitieuses sur la taille des troupeaux ou sur la gestion de l’azote devraient être mises en place afin d’éviter une intensification de la production agricole ».
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