Abonné

Pesticides: des chercheurs quantifient l’exposition des petits mammifères

- - 2 min

Après avoir analysé les résidus de pesticides dans les poils de 93 musaraignes et mulots prélevés sur deux sites distincts, des chercheurs du CNRS et de l’Inrae estiment que «l’exposition à un mélange de pesticides autorisés et interdits est plutôt la règle que l’exception» chez les petits mammifères. Pour preuve, en veulent ces auteurs d’un article paru dans la revue Scientific Reports et repéré par Le Monde, 110 molécules sur les 140 recherchées (pesticides et métabolites) ont été détectées chez les animaux, avec 32 à 65 molécules par échantillon. Et près de sept molécules aujourd’hui interdites ont même été détectées à plus de 10 ng/g chez la moitié des échantillons environ. Dans le détail, les bêtes prélevées dans les prairies «sont caractérisées par un nombre de molécules et des concentrations plus faibles» de pesticides actuellement interdits. Autre conclusion: le profil d’exposition des bêtes serait corrélé aux achats de pesticides dans le département, comme le constatent les auteurs dans la zone atelier des Deux-Sèvres. En conclusion, les auteurs proposent une nouvelle notion: le «biowidening». Alors que la bioaccumulation décrit l’augmentation de la concentration d’une molécule le long des chaînes de prédation, le «biowidening» définirait l’augmentation du nombre de molécules détectées jusqu’au sommet des chaînes alimentaires.