Pour ses importations de pommes, l’Inde pourrait se tourner davantage vers la France ou l’Italie, au lieu de ses fournisseurs habituels turcs et américains, ont indiqué les professionnels de la filière européenne à l’occasion du congrès Prognosfruit, le 7 août à Angers. À la suite d’un épisode de gel historique au printemps, la récolte turque sera très faible cette année. « Ce sont 2,6 millions de tonnes habituellement exportées qui ne seront pas là », résume Daniel Sauvaitre, président de l’ANPP (producteurs de pommes et poires, FNSEA). L’Inde, important client d’Ankara, « pourrait en acheter plus aux États-Unis, mais avec les tarifs [douaniers], elle pourrait aussi choisir de se fournir davantage en Italie ou en France », analyse-t-il. Via un décret entré en vigueur le 7 août, l’administration Trump a augmenté les droits de douane sur l’ensemble de ses importations. Washington a ciblé particulièrement l’Inde (à hauteur de 50 %) en raison de ses achats de pétrole russe. Globalement, « il y a une incertitude très forte sur les échanges commerciaux », a estimé Daniel Sauvaitre, par ailleurs président d’Interfel (interprofession). Aux yeux de Philippe Binard, secrétaire général de la Wapa (World Apple and Pear Association), « il y a quand même de belles opportunités à saisir en situation de crise ».
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