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Climat : l’agriculture européenne loin de ses objectifs

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Alors que les objectifs fixés au secteur européen de l’utilisation des terres, de l’agriculture et de la foresterie en matière d’absorption de carbone sont loin d’être atteints, des ONG demandent à Bruxelles de présenter un plan ambitieux en la matière.

Pour atteindre ses objectifs climatiques, l’UE devrait « fixer un objectif de réduction ambitieux et contraignant » des émissions agricoles, estiment une quinzaine d’ONG et organisations agricoles (Birdlife, EEB, Agroecology Europe, Ifoam) dans une lettre du 5 juin adressée aux commissaires européens Teresa Ribera (Transition verte), Christophe Hansen (Agriculture) et Jessika Roswall, (Environnent). Une décision que les signataires jugent « prioritaire ». Ils demandent une « vision européenne claire, assortie d’orientations et d’un soutien adéquats pour accompagner la transition agroécologique » alors que « les émissions agricoles stagnent depuis deux décennies » et que « sans efforts supplémentaires, la situation ne changera pas ».

En effet, comme le montre un récent rapport publié par la Commission européenne, l’UE n’est pas en bonne voie pour atteindre son objectif de 42 Mt CO2eq (tonne équivalent CO2) supplémentaires d’absorptions nettes d’ici 2030 en ce qui concerne le secteur de l’utilisation des terres, de l’agriculture et de la foresterie (UTCAF). Bruxelles évalue le déficit à environ 45 à 60 Mt CO2eq. Le secteur a stocké de moins en moins de carbone atmosphérique ces dernières années et le puits de carbone ne devrait pas s’améliorer dans les prochaines années, déplore l’exécutif européen.

Des outils politiques

Il se félicite, toutefois, que plusieurs États membres aient revu leurs ambitions à la hausse en proposant des pistes concrètes pour atteindre leur objectif de 2030. Parmi eux, Bruxelles cite le Danemark qui a récemment introduit un système de tarification des émissions agricoles. Mais la Commission européenne appelle les Vingt-sept à aller plus loin en utilisant plus efficacement la biomasse (pour l’énergie, l’alimentation humaine et animale et les produits biosourcés).

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Les États membres sont aussi invités à compléter leurs politiques sur l’utilisation des terres, la bioéconomie et l’énergie afin d’atteindre un niveau de récoltes plus durable et accroître les absorptions nettes dans l’agriculture et la sylviculture. Une utilisation plus ciblée des fonds publics, tels que la Pac ou les aides d’État, pourrait favoriser l’adoption de meilleures technologies de surveillance et de pratiques de gestion des terres en favorisant les solutions fondées sur la nature, souligne aussi la Commission européenne. Les États membres sont également encouragés à envisager des approches fondées sur le marché, en s’appuyant sur le règlement de l’UE sur la certification des absorptions de carbone. Les pratiques reconnues pour ce qui est de l’agriculture devraient d’ailleurs être publiées dans le courant de l’année. Alors que la proposition de cadre financier pluriannuel 2028-2034 doit être présentée le 16 juillet, les ONG espèrent que ces grandes orientations y figureront.