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Sur la piste de nouveaux remèdes contre les nématodes

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L’infestation par les nématodes peut réduire les rendements du blé jusqu’à 33%. Crédits : © Robin/Pixabay

Une équipe de chercheurs australiens a exploré de nouveaux moyens de lutter contre les nématodes en étudiant ce qui les attire vers certaines céréales.

Les nématodes des lésions racinaires (Pratylenchus spp., ou Root lesion nematode, RLN) sont des vers parasites qui mangent et endommagent le système racinaire des cultures, réduisant ainsi la capacité de la plante à absorber les nutriments et l’eau. Ils peuvent causer d’importants dégâts dans une grande variété de cultures, dont le blé, le maïs et l’avoine. Comprendre comment les céréales émettent des substances chimiques qui attirent ou repoussent ce ravageur pourrait constituer la base de nouvelles stratégies de lutte. C’était l’objectif d’un projet mené entre 2020 et 2023 par la Grains Research and Development Corporation (GRDC), une société de recherche australienne financée par le ministère de l’Agriculture. L’étude était dirigée par le Rhys Copeland, doctorant de l'université Murdoch. Citant une étude financée par le GRDC en 2009, le chercheur estime que l'infestation du RLN « peut réduire les rendements du blé jusqu'à 33%, coûtant aux producteurs 477 millions de dollars australiens par an (292,9 M€) ». 

Vers de nouvelles sélections végétales

Le Dr Rhys Copeland, a identifié que les substances chimiques communes aux céréales tolérantes et sensibles avaient des effets différents sur les nématodes, en fonction de leur concentration. Son étude a révélé des concentrations chimiques élevées uniquement dans les céréales les plus tolérantes, offrant ainsi un aperçu du fonctionnement de la tolérance aux nématodes. Les résultats de ses recherches ouvrent la voie « pour de nouvelles orientations dans la sélection végétale visant à accroître la tolérance et éventuellement la résistance des futures variétés », lit-on dans le communiqué. Rhys Copeland a également pu identifier des gènes exprimés par les nématodes qui leur permettent potentiellement de percevoir les substances chimiques émises par les plantes hôtes. « La perturbation de ces gènes pourrait aussi ouvrir la voie à des stratégies de contrôle potentielles », explique-t-il. 

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Selon lui, les plantes infectées par ces parasites « paraissent rabougries et jaunes, ce que les producteurs peuvent penser être le résultat d'une sécheresse, d'une carence en nutriments ou d'une maladie causée par d'autres agents pathogènes », souligne-t-il. Permettre aux agriculteurs de mieux identifier le RLN pourrait aussi les aider à apporter des traitements plus efficaces.