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En 2020, le foie gras limite les pertes grâce à la fin d'année

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Confirmant sa popularité auprès des Français, le foie gras a réalisé un mois de décembre « inespéré » en grandes surfaces, d’après le Cifog (interprofession). La fermeture des restaurants pèse toutefois lourdement sur le bilan 2020.

Malgré l’arrêt de la restauration en 2020, la filière du foie gras a sauvé les meubles grâce à de belles performances dans les autres circuits de distribution. Côté consommation à domicile, le foie gras a fini l’année 2020 en positif (+1,8 % en volume, +1,4 % en valeur), après d'« excellentes performances festives » en décembre, indique le Cifog (interprofession) dans son dossier de presse du 5 mars.

Les ventes de magrets, elles, ont progressé de 10,2 % en volume et 8,6 % en valeur. La filière a réussi le tour de force de gagner 1,2 million d’acheteurs supplémentaires de foie gras l’année dernière, atteignant le « niveau d’attractivité record » de 42,7 % de ménages acheteurs. Dans un « environnement mouvementé », le foie gras a joué un rôle de « véritable valeur refuge », estime l’interprofession.

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Ruptures et « manque à gagner » en GMS

Traditionnellement capitale pour le foie gras, la période des fêtes de fin d’année l’a été encore plus en 2020. « Le fait d’avoir autorisé les réunions familiales en comité restreint a permis d’activer des ventes de dernière minute », analyse la directrice du Cifog Marie-Pierre Pé. D’où une explosion des ventes les deux dernières semaines de décembre, à tel point que « les magasins ont subi de fortes ruptures ». Or, pessimistes pour le déroulement des fêtes, « les hypermarchés ont été particulièrement frileux dans leurs approvisionnements en foie gras », avec un recul de 10 % du nombre de références. Cette prudence, insiste l’interprofession, a provoqué un « important manque à gagner » pour les distributeurs. Résultat : « Les hypermarchés ont perdu du terrain », au profit notamment des supermarchés et du e-commerce. Autre canal de distribution qui a profité de la crise sanitaire : la vente directe, qui a « enregistré des records en 2020 » avec +58,7 % en volume (source Kantar).

Comme attendu, la fermeture des restaurants dans de nombreux pays a largement pesé sur les exportations de foie gras en recul de 19 % sur l’année. Mais la balance commerciale reste positive, à plus de 40 M€, en raison de l’effondrement des importations (-36 % ). Dans les restaurants de l’Hexagone (40 % des débouchés), la chute a été amortie par la forte présence du foie gras dans les ventes à emporter et livraisons à domicile. D’après la Fiac (industriels des conserves), le foie gras finit ainsi 2020 à -36 % le magret à -21 % en restauration. « Sans l’attachement indéfectible des Français, où en serions-nous ? », soupire la directrice du Cifog Marie-Pierre Pé. « C’est inespéré, on revient de loin », souffle de son côté le président du Cifog, Michel Fruchet, qui passera la main en septembre 2021 à son vice-président Éric Dumas, éleveur en Nouvelle-Aquitaine.

La vente directe a progressé de 58 % en 2020