L’AOPn tomates de France et le Sénat appellent de concert le gouvernement à réviser à la hausse les droits de douane sur les tomates et à renforcer l’étiquetage de l’origine, face à l’afflux de tomates marocaines en cœur et haut de gamme.
Suite au rapport du Sénat sur la compétitivité de la Ferme France, qui déplore notamment le manque de soutien de l’État français à la filière tomate, l’AOPn tomates et concombres de France réitère deux demandes, dans un communiqué le 5 octobre. Premièrement, elle demande « une réouverture des négociations du traité de libre-échange UE-Maroc » pour « adapter les droits de douane payés par les producteurs marocains à la réalité du marché ». En effet, dans leur rapport, les sénateurs expliquent que le système de droits de douane censé limiter l’importation de tomate fraîche « se retourne » contre le marché européen, et donc français, « faute d’une actualisation de la valeur forfaitaire à l’importation depuis 2014 ».
Malheureusement, déplorent les sénateurs, « le gouvernement ne souhaite pas ouvrir ce sujet au niveau européen, comme en témoigne l’absence de réponse aux questions parlementaires posées à ce sujet ». Pourtant, le Sénat estime que revaloriser les droits à l’importation est plus que jamais nécessaire, maintenant que le Maroc produit non seulement du cœur de gamme (tomate ronde) mais aussi du haut de gamme (tomate cerise) dans des conditions défiant toute concurrence (faible coût de la main-d’œuvre notamment)
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Rendre plus visible l’origine
Deuxièmement, l’AOPn demande, à l’occasion de la révision du règlement européen Inco sur l’étiquetage des denrées alimentaires, « une refonte de l’étiquetage de l’origine, afin que le pays producteur soit clairement identifiable par les consommateurs. » Légumes de France (producteurs de légumes, FNSEA) avait déjà exprimé cette demande dans un communiqué le 12 septembre, en requérant une inscription de l’origine (écrite ou drapeau) « de hauteur de 15 mm minimum » au lieu d’au moins 1,2 mm actuellement. Les producteurs estiment notamment que les tomates cerises marocaines de marque Azura, dont les barquettes à bas prix portent l’effigie de l’équipe de rugby de Perpignan, sont de nature à tromper les consommateurs sur l’origine.
Par ailleurs, dans le sillage de la branche légumière de la FNSEA, le Sénat pointe une « ironie du sort » au vu de la participation de l’État français, via l’Agence française de développement, à l’essor de la production de tomates notamment dans le Sahara occidental. « Pourquoi ne pas mettre en œuvre également un plan de développement d’une agriculture compétitive et à haute valeur ajoutée en France ? », interpellent les sénateurs.