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Biodiversité: la Cop16 échoue à Cali sur la finance Nord-Sud

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La grande conférence des Nations unies sur la biodiversité s'est terminée le 3 novembre à Cali, en Colombie, sans atteindre son objectif de stimuler la timide application de l'accord de Kunming-Montréal, scellé il y a deux ans. Cet accord prévoit de placer 30% des terres et des mers dans des aires protégées, parmi 23 objectifs à atteindre d'ici 2030. Pour y parvenir, l'accord prévoit de porter à 200 milliards de dollars les dépenses annuelles mondiales pour la nature. Et les pays développés se sont engagés à fournir 30 milliards de dollars d'ici 2030 (contre environ 15 milliards en 2022, selon l'OCDE). Après 12 jours de sommet, ni les pays riches, menés à Cali par l'Union européenne, le Japon et le Canada, ni le monde en développement, Brésil et groupe Afrique en tête, n'ont fait un pas vers l'autre. Les premiers martelaient leur hostilité à la création d'un nouveau fonds pour la nature. Les seconds le réclamait avec force, jugeant ceux existants inaccessibles et inéquitables. Les pays ont en revanche adopté à Cali l'institution d'un fonds multilatéral censé être abondé par les entreprises faisant du profit avec le génome numérisé de plantes (comme l'arôme de vanille) ou d'animaux des pays en développement. Placé sous l'égide de l'ONU, le fonds répartira l'argent récolté, moitié pour les pays, moitié pour les peuples autochtones. Ces derniers ont enregistré une victoire historique: la création d'un organe permanent pour les représenter au sein de la CDB, dont l'adoption a été saluée par des acclamations.