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Grégoire de Fournas, député Rassemblement national « Nous voterons les dispositions qui iront dans le bon sens »

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« Pas contre les échanges internationaux quand cela est nécessaire »

Après avoir échoué en 2017, le jeune viticulteur Grégoire de Fournas (37 ans) a été élu député de sa circonscription du Nord-Médoc pour le Rassemblement national et vient d’intégrer la commission des Affaires économiques de l’Assemblée, où se traitent les dossiers agricoles. Il retrace son parcours et livre sa feuille de route pour les cinq ans de législature qui l’attendent.

Quel a été votre parcours professionnel et militant, et quelle place y occupe l’agriculture ?

Je suis moi-même viticulteur, titulaire d’un BTS viticulture-œnologie, installé sur l’exploitation familiale qui compte une vingtaine d’hectares de vignes. Nous vinifions en cave particulière, et nous commercialisons en partie nous-mêmes et en partie par le négoce bordelais. Avant cela, j’ai eu d’autres expériences comme salarié agricole, principalement en viticulture, mais aussi en production de pommes de terre.

J’ai adhéré au Front national fin 2011 comme simple militant. En 2015, j’ai été candidat aux élections départementales Nord-Médoc, que j’ai remportées. C’était le seul canton que nous avions gagné sur toute la façade atlantique. Cela m’a valu de siéger pendant six ans au conseil départemental, notamment en commission agricole.

J’ai été ensuite candidat aux législatives de 2017 que j’ai perdues, aux élections municipales de 2020, depuis lesquelles je siège avec l’opposition dans ma commune. J’ai ensuite perdu les élections départementales de 2021.

L’agriculture sera-t-elle votre préoccupation principale en commission des Affaires économiques ? Quels sont vos combats dans le domaine agricole ?

C’est un peu pour l’agriculture que j’ai choisi cette commission. Nous sommes deux agriculteurs dans le groupe Rassemblement national, moins d’une dizaine dans l’Assemblée nationale. Il m’a semblé que c’est là que je serai le plus efficace. D’autant plus que ma circonscription est très agricole.

Mon premier combat est de préserver la production française et la souveraineté alimentaire. Cela passe par le refus des accords de libre-échange, mais aussi par l’étiquetage ou encore par la priorité donnée à l’origine France dans les cantines scolaires. On voit dans nos collectivités la priorité donnée au bio. C’est très bien, mais si elle est produite à des milliers de kilomètres, cela nous semble judicieux de donner la priorité à la production française.

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Il faut ajouter la défense des petites et moyennes exploitations familiales. Nous refusons l’industrialisation de l’agriculture française. Il y a des choses à faire sur le droit des successions, qui est aussi dans le programme de Marine Le Pen. Il faut aussi mieux prendre en compte le critère de taille des exploitations dans les aides.

Le dernier point qui me tient à cœur, c’est la simplification administrative, qui devient un poison dans ce métier. On nous empile des normes, des contraintes réglementaires. L’agriculteur doit d’abord être dans ses champs pour produire, plutôt que de remplir des formalités administratives. À chaque fois que l’on met en place une aide ponctuelle, ce sont toujours des dossiers à remplir, des charges de travail supplémentaires.

Historiquement et encore aujourd’hui, on associe souvent le Bordelais avec la défense du libre-échange. Vous n’êtes pas favorable à ce que l’on exporte davantage de vin ?

On nous vend souvent l’idée qu’en achetant davantage de bœuf argentin, nous vendrons davantage de bordeaux. Le problème, c’est qu’on ne vend pas plus de bordeaux. Le Rassemblement national n’est pas contre les échanges internationaux quand cela est nécessaire. La Grande-Bretagne ne produira jamais de vin, tout comme nous ne produirons jamais de pétrole. Mais nous n’avons pas besoin d’aller chercher de la viande en Argentine, alors que nous en produisons en France.

Quelle sera votre attitude vis-à-vis des chantiers parlementaires du gouvernement en matière d’agriculture ?

Sur l’ensemble des projets de loi, et pas seulement en agriculture, nous n’aurons pas de difficultés à voter les dispositions qui iront dans le bon sens. Nous n’avons pas de sectarisme. J’attends de savoir ce que contiendra cette assurance récolte. Si nous sommes dans l’enfumage et qu’il n’y a que des mesures cosmétiques, nous aurons des exigences à poser. Il y a souvent beaucoup de communication autour de projets qui ne sont pas à la hauteur des enjeux.

« Pas contre les échanges internationaux quand cela est nécessaire »