Interpellée le 23 mars par les eurodéputés de la commission de l’Environnement du Parlement européen sur les exportations européennes vers des pays tiers de produits phytosanitaires interdits dans l’UE, la Commission européenne a indiqué que cette pratique se fait « conformément aux règles dans le cadre de la Convention de Rotterdam avec le consentement préalable informé des pays destinataires ». Par contre, Bruxelles envisage de se montrer plus stricte vis-à-vis des résidus de pesticides sur les produits alimentaires importés. Quelque 81 000 tonnes de pesticides interdits d’utilisation dans l’UE auraient été exportées en 2018 vers des pays tiers (1). Une situation que dénoncent des ONG et eurodéputés qui estiment que ces exportations ne sont pas dans l’intérêt de l’UE puisque ces produits se retrouvent in fine dans les produits agroalimentaires importés.
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Les néonicotinoïdes dans le viseur
Au nom de la Commission, l’expert Juergen Helbig a rappelé que « nos règles vont bien au-delà de la Convention de Rotterdam. Elles n’autorisent pas les exportations, si les conditions » du règlement sur le consentement préalable informé concernant les importations et exportations de produits chimiques dangereux ne sont pas respectées. Il a également précisé que si un demandeur souhaite obtenir une tolérance d’importation pour une substance qui n’est plus approuvée dans l’UE, il doit fournir un ensemble de données prouvant que les produits sont sûrs. « Et si la sécurité du consommateur n’est pas garantie, cette tolérance n’est pas autorisée », a-t-il affirmé. Et Bruxelles promet désormais, dans le cadre la stratégie « de la ferme à la table », de prendre en considération les aspects environnementaux quand il s’agira de trancher pour une demande de tolérance d’importation pour les substances qui ne sont plus approuvées dans l’UE, même si elles respectent les normes de l’OMC. La Commission devrait d’ailleurs commencer par les néonicotinoïdes en réduisant les limites maximales de résidus à la limite de la détection.