D’année en année, à cette même période, c’est la même rengaine : le compte n’y est pas ! Le constat de Francis Amand, médiateur des relations commerciales agricoles, est sans appel : les prix d’achat obtenus par les fournisseurs à l’issue des négociations commerciales qui se sont achevées le 1er mars sont en recul « de l’ordre de 0,3 % » sur un an. Une baisse, alors que les fournisseurs demandaient une revalorisation tarifaire de l’ordre de 3 % en moyenne pour notamment compenser la hausse du prix de certaines matières premières. Ainsi, « toutes les catégories de produits ont vu leurs prix de cession (prix réellement payé par le distributeur) baisser, à l’exception d’une légère hausse dans les produits laitiers frais », notent l’Ania, la Coopération agricole, la Feef et l’Ilec dans un communiqué commun. En l’absence de hausse des prix, impossible pour les fournisseurs de couvrir leurs coûts. Conséquence, « le taux de marge des industries agroalimentaires atteint son plus bas niveau historique », précise le communiqué, en baisse de près de 40 % depuis 2009, date de la mise en œuvre de la LME. Et depuis le début de la guerre des prix entre distributeurs, « ce sont plus de 7 milliards d’euros qui ont été détruits dans l’ensemble de la filière alimentaire ».
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Des négociations commerciales qui font bien peu de cas du travail des agriculteurs et des industries de l’agroalimentaire, loi Egalim ou pas, et dont l’aboutissement a de quoi interroger sur la valeur que certains portent à notre alimentation. Jusqu’où l’hypocrisie ira-t-elle, quand chaque année chacun promet d’agir de manière responsable et que tout va bien se passer… cette fois. Il faut croire que ça n’était pas encore pour cette année !