Mauvaise nouvelle pour les opposants à la « Ferme des mille vaches ». La justice a rejeté, le 12 mars, le recours en référé-suspension qu'ils avaient déposé au tribunal administratif d'Amiens à l'encontre du permis de construire le 17 février.
LES opposants reprochaient au promoteur du projet Michel Ramery des irrégularités dans la construction. Le recours aurait permis de suspendre l'avancée des travaux. « Nous sommes déçus, mais le combat continue, notamment devant la justice. Nous avons confiance », a réagi Laurent Pinatel, le 12 mars. En effet, le préfet de la Somme doit toujours se prononcer sur la demande de permis modificatif déposé par Michel Ramery le 28 novembre 2013. « Nous avons l'assurance du cabinet de Cécile Duflot qu'il n'y aura pas de passe-droit », explique le porteparole de la Confédération paysanne. L'avocat des opposants, Grégoire Frison, est plus réservé sur l'issue des poursuites. « Nous sommes très déçus », explique-t-il. Il projette de déposer un recours contre la décision du TA d'Amiens devant le Conseil d'Etat, mais le timing judiciaire n'est pas en faveur des opposants. « Le problème, c'est qu'une fois que l'exploitation fonctionne, le préfet peut donner un arrêté provisoire qui est, lui, inattaquable ».
Les constructions devraient s'achever dans le courant de ce printemps. « Michel Ramery a fait jouer tous ses atouts pour traire ses 300 premières vaches le 1er avril. Mais nous n'avons pas abattu toutes nos cartes », annonce même la Confédération paysanne dans un communiqué du 12 mars. Le chef de projet ne souhaite pas réagir à l'annonce : « Tant qu'on nous le permet, on continue », se contente-il d'expliquer.
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Certains élus écologistes ont vivement réagi à l'annonce. « Elle confirme, comme on pouvait le redouter, que construire une usine démesurée pour y entasser des centaines d'animaux afin d'en tirer un bénéfice financier est bel et bien légal », dénoncent les eurodéputés Europe Ecologie Les Verts (EELV), Karima Delli et José Bové, dans un communiqué du 12 mars.
« Le gouvernement a affirmé que ce modèle agro-industriel ne correspondait pas à celui qu'il souhaitait pour l'agriculture française. L'heure est maintenant venue d'associer les actes à la parole. Il se trouve justement que la loi d'avenir agricole est actuellement examinée par le Parlement », a noté la députée écologiste de la Somme, Barbara Pompili.