Pas moins de 100 mesures proposées par les vingt huit-pays membres pour juguler la crise agricole ! C’est ce qui ressortait, quelques jours avant, de la préparation du Conseil des ministres européens du 14 mars. Un conseil chargé d’orienter la Commission européenne sur la politique anti-crise. Cent mesures de toutes sortes pour régler une situation dont on connaît parfaitement les causes et qui sont, dans leur principe, relativement simples : un marché mondial dont quelques excédents et mesures protectrices suffisent à déséquilibrer l’offre et la demande de tous les pays. Comment, dans ces conditions, peut-on imaginer contenter tous les pays autrement que de les laisser faire davantage ce qu’ils veulent ? C’est ce qui est d’ailleurs contenu, peu ou prou, dans bon nombre d’orientations proposées (marges de manoeuvres plus grandes, augmentation des limites imposées aux aides nationales). Mais plus fondamentalement. Comment peut-on concevoir une vraie politique commune, à long terme, lorsque l’ensemble des Etats membres sollicitent plus de cent mesures différentes ? Imagine-t-on que pour gérer le problème des immigrés, les Vingt-huit proposent cent mesures différentes ? Imagine- t-on que pour tenter d’avoir une diplomatie commune on suggère d’aller dans cent directions différentes ? Ou que, pour régler les problèmes de l’euro, on invente cent dispositifs spécifiques ? S’il y a tant de propositions c’est qu’il n’y a plus vraiment d’intérêt commun, plus vraiment de leadership autour de quelques idées simples. Il est peut-être temps, même pour la plus intégrée des politiques qu’est celle de l’agriculture, de penser à une Europe à double vitesse. Pour retrouver du… sens commun.

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