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Recherche agronomique 112 suppressions de postes de titulaires à l'Inra pour 2004

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Dans son budget 2004, l'Inra a annoncé la suppression de 112 postes de titulaires dont 102 financés par le ministère de la Recherche et 10 financés par le ministère de l'Agriculture. Sur les 102 postes supprimés du ministère de la Recherche, 56 sont de catégorie A c'est-à-dire occupés par des chercheurs ou ingénieurs. De plus, les dotations aux soutiens de base des unités de recherche (crédits de fonctionnement) vont diminuer de 10 à 13 %, ainsi que les crédits pour l'accueil de boursiers et de chercheurs étrangers.

L'ensemble des syndicats de l'Inra sont très inquiets et condamnent les mesures annoncées par la direction de l'Inra, en lien direct avec la volonté du gouvernement de diminuer les effectifs de la fonction publique. La direction de l'Inra répond que la volonté du ministère de la Recherche est de ne remplacer que la moitié du personnel qui part à la retraite et de le compenser par des contrats pluriannuels. Ainsi, le budget 2004 permet à l'Inra de recruter l'équivalent de 92 postes en contrats pluriannuels, en général pour 3 ans et éventuellement renouvelables au maximum 2 ans.

"Il s'agit d'un mensonge sur le fond et sur la forme, considère Alain Roque, secrétaire national de la CGT et directeur de recherche à l'Inra d'Orléans. L'argent peut servir à autre chose ou être mobilisé sur un plus faible nombre de poste". C'est en effet une solution qu'envisage la direction de l'Inra : l'idée serait de recruter des professionnels ayant des métiers très spécifiques qui ne viendront pas à l'Inra si on ne les paie pas plus cher que les salaires de la fonction publique, des informaticiens par exemple. Autre solution envisagée : accueillir des ingénieurs en fonction dans l'enseignement supérieur ou les instituts techniques qui viendraient travailler au sein de l'Inra et payés par l'Inra pendant un temps donné. L'Inra envisage aussi de recruter des chercheurs pour travailler sur des projets de recherche transversaux (c'est-à-dire multidisciplinaires) pendant une période bien définie, sur l'alimentation par exemple.

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Moindre liberté d'action des chercheurs en contrat 

"A l'heure où de nombreuses questions d'ordre sociétal se posent vis-à-vis de la recherche publique, des chercheurs non titulaires n'ont pas la même liberté d'action que les chercheurs titulaires, s'inquiète le syndicaliste. De plus, ils n'ont pas non plus le même gage d'indépendance dans les contrats privés en cas de pression ou de résultats peu favorables à la firme qui finance les travaux. 

Quant à la baisse des crédits de fonctionnement des unités de recherche, la direction souligne qu'il s'agit d'une baisse de budget mais que cela ne devrait pas engendrer de baisse d'activité parce que les laboratoires n'utilisaient pas forcément la totalité de leur budget.