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Elevage, cause nationale 15 000 producteurs manifestent dans les villes de France

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La manifestation pour défendre l’élevage, « cause nationale » menacée par l’inflation des charges de production a été largement suivie le 12 avril. Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre, a dû réagir en promettant « des mesures transitoires » pour le lait, si elles s’avèrent nécessaires.

Selon la FNSEA, ce ne sont pas moins de 15 000 éleveurs qui sont descendus dans la rue le 12 avril pour défendre la « cause nationale » qu’est l’élevage français et éviter de « finir sur la paille ». « Nous ne ferons de cadeaux à personne pour gagner la bataille de l’élevage en France ! », a lancé le président de la FNSEA, Xavier Beulin, à Feurs (Loire) devant un millier de manifestants (1 300 personnes selon les organisateurs, 900 selon la police). « Nous ne voulons pas être les victimes de la guerre des prix à laquelle se livrent les enseignes de la grande distribution et qui nous appauvrit », a-t-il ajouté, évoquant des négociations particulièrement difficiles avec l’enseigne Leclerc. À Lyon, cloches à la main, les éleveurs savoyards ont rejoint leurs collègues venus de toute la région Rhône-Alpes.

« On nous saigne »

De 150 à 200 éleveurs bretons avaient bruyamment manifesté tôt le même jour devant la préfecture à Rennes pour « réveiller » les autorités, tapant sur des bidons de lait et déployant une banderole : « On nous saigne comme des gorets ». Dans les Ardennes, entre 150 à 250 agriculteurs ont manifesté devant la préfecture à Charleville-Mézières, selon la police et la FDSEA. « On ne demande pas des milliers, on demande 3 centimes », a revendiqué à Lille le président de la FDSEA Nord, Éric Tasine, accompagné d’une centaine d’agriculteurs. Entre 140 et 200 agriculteurs, d’après la police et les organisateurs, ont eux aussi manifesté à Besançon, déversant des dizaines de chariots de supermarchés devant la préfecture. À Cahors, 200 à 300 agriculteurs ont défilé, accompagnés de vaches et de brebis. À Dijon, suivi par une centaine de manifestants, le président de la FDSEA de Côte-d’Or, Fabrice Faivre, compte sur le département, depuis janvier, « 8 cessations d’activité prévues sur 270 ». Une centaine d’agriculteurs du Bas-Rhin se sont retrouvés devant un hypermarché de l’agglomération strasbourgeoise, afin de distribuer du lait aux clients.

Lait : « S’il faut des mesures transitoires, on les prendra », affirme Jean-Marc Ayrault

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a assuré que s’il fallait « prendre des mesures transitoires » pour aider les producteurs de lait, le gouvernement « les prendra, mais ce qui est important, ce sont les réformes structurelles pour que ça ne se reproduise pas à chaque hausse de coût des matières premières », a affirmé sur RTL le chef du gouvernement, alors que les producteurs de lait peinent à faire face à la hausse de leurs charges. Pour Jean-Marc Ayrault, « la question, c’est : est-ce que c’est la grande distribution qui fait la loi ou est-ce qu’il y a un équilibre économique entre les coûts de la production, les prix à la distribution, les marges arrières ? ».

Partir des coûts réels de production

« Il faut arrêter de prendre les producteurs pour des vaches à lait », a-t-il lâché. Reconnaissant que les producteurs « sont aujourd’hui dans une position de faiblesse dans les négociations face à la grande distribution », le Premier ministre a estimé qu’il fallait « partir des coûts réels de production et non pas de l’offre que fait la grande distribution ». Le gouvernement met tout en œuvre pour que les prix du lait payés aux producteurs « augmentent rapidement » face à la hausse du coût des aliments du bétail, a assuré le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, le même jour dans le Tarn. Le ministre, qui visitait une entreprise de valorisation des déchets à Labeissière-Candeil, a aussi mis en cause l’attitude de la grande distribution en plaidant pour un changement des méthodes de négociation entre les acteurs de la filière lait qui se résument aujourd’hui, selon lui, à des « rapports de forces ».

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