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 Biodiversité « 20 à 30% des espèces auront disparu d’ici 2050 » selon Hubert Reeves

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Hubert Reeves, le médiatique astrophysicien québecois, est également président de la Ligue pour la préservation de la faune sauvage et la défense des non-chasseurs (ROC). C’est à ce titre qu’il a été auditionné le 21 janvier par la Commission des lois de l’Assemblée nationale sur le projet de loi constitutionnelle relatif à la Charte de l’environnement. Saluant les objectifs poursuivis par la Charte, le scientifique a lancé un cri d’alarme sur les menaces qui pèsent aujourd’hui sur la biodiversité animale et végétale, et sur le genre humain.

Donner une visibilité à la charte de l’environnement. En ouvrant quelques-unes de ses auditions à la presse, Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP, Essonne), rapporteur du projet de loi sur la Charte de l’environnement, avait certainement cette idée en tête, alors que le calendrier parlementaire de la Charte reste encore incertain et qu’une partie de la majorité parlementaire grogne à la perspective de voir le principe de précaution se draper dans les principes constitutionnels. Entendu au titre des associations de protection de la nature, Hubert Reeves a délivré un message alarmiste sur l’état de la biodiversité : « On élimine tous les ans plus de mille fois plus d’espèces animales et végétales qu’en 1925. Au rythme où l’on va, 20 à 30% des espèces auront disparu d’ici 2050. Nous sommes dans une période d’extinction massive des espèces animales et végétales, comme il y en a eu cinq depuis l’apparition de la vie sur la terre », explique l’astrophysicien.

Les insectes survivront aux hommes

Mais le phénomène actuel a une particularité : les êtres humains en sont la cause, ils en sont la victime potentielle... et les sauveurs potentiels, explique t-il. «  La vie de l’homme sur terre est en cause à 20-50 ans » en raison du réchauffement accéléré du climat, estime Hubert Reeves. Se référant aux rapports des groupes d’experts internationaux (GIEC) et de l’Académie des sciences américaine, le scientifique mentionne que l’activité humaine est responsable à plus de 90% de l’effet de serre. «  Aucune espèce animale - excepté l’homme - n’est en mesure de sauver la situation », poursuit Hubert Reeves. «  Les mammifères sont menacés, les grands arbres également ; les insectes devraient par contre très bien survivre ainsi que les bactéries ». «  La vie va continuer sur la terre ; la question est de savoir si nous serons encore là », lance le scientifique. «  Nous et les animaux, même combat », résume t-il, pour souligner l’interdépendance des être vivants entre eux. Il conclut : « La question est de savoir si les homme vont réagir assez vite ».

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Au final, l’astrophysicien demande d’introduire «  la sauvegarde de la biodiversité » dans le texte de la Charte, et, en vigoureux défenseur du principe de précaution, propose que chaque projet scientifique ou technologie à risque fasse périodiquement l’objet d’une évaluation permettant de la réorienter au besoin.