Réunis le 2 septembre à l’occasion d’une conférence de presse, les quatre présidents de chambres départementales d’agriculture de Bretagne ont estimé que 2006 sera une « année fondamentale « pour l’agriculture de la région. Tels sont les termes utilisés par Jean Salmon, président de la Chambre d’agriculture des Côtes d’Armor et de la chambre régionale de Bretagne.
Application de la réforme de la Pac ; réouverture des négociations agricoles de l’OMC (Hong Kong en décembre) ; crise du lait… Sur ces dossiers sensibles pour la Bretagne, la profession entend maintenir dans la région le potentiel de production, mais reconnaît avancer dans l’inconnu.
Si la mise en œuvre de la PAC « se précise enfin », en particulier sur l’introduction, en 2006, des droits à paiement unique (DPU) et la possibilité de les transférer lors de la vente du foncier correspondant, la chambre régionale d’agriculture de Bretagne entend faire preuve de vigilance.
Non seulement Jean Salmon demande que les DPU soient attribués uniquement aux agriculteurs actifs, mais il souhaite que les clauses contractuelles sur ces droits prévoient qu’ils correspondent à la situation économique de l’exploitant en 2006 pour éviter des ruptures « dans le niveau d’aides » avec les annéesantérieures.
Les DPU expliqués par les chambres
L’information sur le dispositif des aides découplées va faire l’objet, dans les prochains mois dans les chambres départementales d’agriculture bretonnes, d’une intense campagne de communication pour expliquer par le menu comment les DPU se mettront en place dans chaque exploitation. En outre, les chambres proposeront « un dispositif d’accompagnement des agriculteurs ».
Car dans ce dossier, tout va aller vite désormais. L’envoi des dossiers complets DPU aux exploitants est prévu en octobre 2005, leur instruction en DDAF devrait être achevée d’ici à la fin du premier trimestre 2006 et le paiement des aides découplées interviendra le 1er décembre de la même année.
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« Rien que la réforme de la Pac »
Par ce dispositif d’aides aux producteurs, l’Europe a réduit le niveau de ses soutiens aux produits, estiment les professionnels. Mais ce geste ne constituera pas forcément un rempart lors des négociations agricoles au sommet de l’OMC à Hong Kong, du 16 au 18 décembre prochains. Prenant pour acquis la suppression des soutiens à l’exportation, Jean Salmon demande « une application progressive de ce principe pour permettre à nos exploitations de s’adapter ».
Mais, pour le reste, il se réfère à ce que la ministre française déléguée au Commerce Extérieur, Christine Lagarde disait en juillet : « La réforme de la Pac fut déjà en soi un grand effort consenti par l’UE, il n’y a donc pas besoin d’aller plus loin. La Pac, toute la Pac, rien que la Pac. » Cependant, l’accès à l ‘Europe, premier marché mondial en valeur, suscite tellement de convoitises que les pressions pour ouvrir plus grand le marché risquent d’être fortes, estiment les présidents bretons de chambres d’agriculture.
Un marché européen saturé
Toute importation supplémentaire « même faible peut déstabiliser un marché européen déjà saturé», a souligné le président Salmon, en rappelant que toutes les productions bretonnes (lait, porc, volaille, légume) sont exposées. Dans ce contexte de rupture avec tous les schémas antérieurs, la chambre régionale d’agriculture de Bretagne appelle à de nouveaux systèmes organisationnels.
En proie à une nouvelle crise, le secteur laitier breton, fort de 20 000 producteurs et 7 000 emplois industriels doit favoriser les restructurations, autant en aval qu’en amont, « accompagnées et amplifiées par des évolutions (…) sur le plan plan réglementaire ». De nouvelles pistes doivent être explorées pour que chaque niveau de la filière s’adapte, et que des mécanismes de régulation des marchés laitiers soient inventés.