A la présidence, pour six mois, d’une Union maintenant forte de 27 Etats membres, l’Allemagne ne va pas surcharger la table des négociations de dossiers agricoles sensibles. Elle aurait en effet convenu avec Paris de ne pas trop toucher aux sujets qui fâchent jusqu’aux élections présidentielles françaises de fin avril-début mai, qui seront suivies d’un scrutin législatif mi-juin. Une période peu propice au compromis. Si Berlin espère bien parvenir en juin à un accord sur la réforme de l’organisation commune du marché des fruits et légumes, celle du secteur du vin, obligatoirement douloureuse, ne serait ainsi abordée par les ministres qu’à la fin du semestre, sur la base d’une proposition formelle soumise seulement dans la deuxième quinzaine de mai par la Commission de Bruxelles. Par truchement, cette dernière devrait se montrer elle aussi plutôt discrète. En théorie du moins. Car les propos de sa responsable de l’agriculture, Mariann Fischer Boel, tenus à la veille de la nouvelle année, sur la nécessité pour les exploitants d’envisager un mi-temps après 2013 compte tenu de la baisse prévisible des aides communautaires, ne brillent pas par leur habileté et leur à-propos diplomatiques. Certes, la commissaire européenne répète depuis des mois qu’il faut s’attendre à une « Pac amincie » après la programmation budgétaire de sept ans qui a débuté le 1er janvier, et sa mise en garde n’est donc pas nouvelle. Certes, les premières réflexions et les premiers documents préparatoires pour le « bilan de santé » de la réforme de 2003 ne vont pas tarder, suivis de fortes prises de positions sur l’après-2013. Pour autant, était-il judicieux de présenter ses vœux de cette manière à un secteur en quête de stabilité ?
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