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Elevage 2010-2011, « année noire » pour les industriels de la viande

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Dans sa lettre hebdomadaire du 4 mai, le Syndicat des industriels de la viande (SNIV-SNCP) dénonce une industrie au ralenti du fait des hausses des cours de la viande et d’une chute des achats par les consommateurs. Mais les industriels ne sont pas les seuls à subir les effets de la flambée des céréales, c’est toute une filière viande qui en paye les conséquences, ce qu’a reconnu Bruno Le Maire à la suite de l’accord du 3 mai entre éleveurs, industriels et distributeurs. Cet accord vise à relancer les négociations tarifaires en cas de fortes hausses de l’aliment du bétail.

«Des cours hauts et des arrêts des chaînes de production, dans le jeu des vives concurrences européennes et mondiales, 2011 est d’ores et déjà inscrite au tableau des années noires de l’industrie », déclare le Syndicat des industriels de la viande dans sa lettre hebdomadaire du 4 mai. Il constate que « le cours du porc, comme celui des vaches allaitantes et laitières, n’a jamais été aussi élevé depuis 3 ans. Durant la semaine 16, la vache P3 s’est ainsi vendue à près de 6% de plus que son maximum des deux dernières années et a augmenté de plus de 9% depuis le début de l’année. Entre 2010 et 2011, la vache R3 a pris plus de 5%, le veau O rosé clair + 6%, l’agneau O couvert + 8% et le porc s’échange, à Plérin, à près de 30% de plus que son cours de l’an passé à la même époque. » Et le prix au consommateur progresse également selon une logique implacable. « Face à ces chiffres, l’évolution du prix moyen au consommateur (hors élaboré) est en hausse, selon KantarWorldPanel, de 4,5% pour le porc et de 4,8% pour le bœuf entre janvier et la fin mars mais se traduit par une évolution du chiffre d’affaires de l’ensemble des viandes de boucherie sur la même période à… +0 % », fait observer le syndicat.

Chute de la consommation

Que le chiffre d’affaires des industriels n’évolue pas n’est pas forcément étonnant puisque ces derniers transfèrent la hausse des coûts de production de la viande au consommateur, via la distribution. Leur marge est théoriquement fixée et n’a pas de raison d’évoluer si les coûts de production en élevage, quels qu’ils soient, augmentent. Par contre, comme le fait remarquer le SNIV-SNCP, du fait d’un prix élevé au consommateur, « les volumes vendus baissent donc inexorablement (-4,3% pour la viande hors élaborée) et l’industrie tourne au ralenti. » De plus, il est peu probable que les coûts de production en élevage baissent du fait d’une tension sur le marché des céréales qui va perdurer (sécheresse, faibles stocks…) encore plusieurs mois, ce que constate le syndicat. Côté éleveurs, la hausse de leurs coûts de production liée à celle de l’aliment du bétail a fait également des dégâts. Produire à perte a été le lot de beaucoup d’éleveurs au point qu’il y a péril en la demeure pour les filières, déclare Bruno Le Maire. L’année 2010/2011 ne sera pas donc pas « une année noire » pour la seule industrie, mais pour toute la filière viande.

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