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Volaille/Conjoncture 2011, année faste pour la production et consommation de poulet

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Alors que les déboires récents de l’entreprise Doux ont braqué tous les projecteurs sur la crise du secteur volailler, Agreste Conjoncture publie une étude qui met en valeur la bonne performance de la production et de la consommation de poulet en France en 2011. La production totale française de poulet a progressé pour la deuxième année consécutive, tout comme la consommation qui atteint son plus haut niveau depuis l’année 2000. Les échanges commerciaux avec l’étranger sont également toujours favorables, mais se dégradent depuis plus de dix ans, malgré une embellie l’an dernier. Cet excédent repose toutefois sur les exportations de produits congelés vers le Moyen Orient. La production est cependant à la baisse en ce début d’année, victime de la hausse du prix des aliments.

L’an dernier, la production française de poulet a été de 1,1 million de tonnes, en progression de 5 % par rapport à 2010, selon les chiffres publiés par Agreste. Elle se rapproche de son plus haut niveau de la décennie atteint en 2001, année de la crise de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) qui avait freiné la consommation de viande bovine et profité à la volaille. La production de poulet de chair représente près de 60 % de la production française de volailles en 2011. Ce secteur avait été le plus affecté par la crise de l’influenza aviaire, entre septembre 2005 et juin 2006, du fait notamment de l’embargo décidé par certains pays importateurs à l’encontre des poulets français. La production française de poulet avait ainsi reculé de 13 % entre 2005 et 2006. Depuis cette date, la production n’a cessé de progresser, hormis 2009 qui avait vu une stabilisation. En fait, la production a été entraînée par la reprise de la consommation, une fois les craintes sanitaires écartées. En 2011, la consommation est ainsi au plus haut depuis plusieurs années, un tiers de plus par rapport à 2000. La consommation de poulet de chair par habitant est évaluée à 15 kg par habitant, en moyenne en 2011. Depuis 2005, selon Kantar, les ménages ont augmenté leurs achats de poulet de 14 %, pour dépasser 300 milliers de tonnes en 2011, pendant que les volumes achetés des autres viandes se repliaient, sauf pour la viande de porc. Le succès de la viande de poulet auprès des consommateurs peut tenir, selon Agreste, en grande partie, à son prix d’achat.
 
Quatre poulets sur dix sont importés
Le revers de la médaille est que la proportion de poulets importés parmi ceux consommés en France n’a pas cessé d’augmenter depuis 2010, pour atteindre un sur quatre en 2011. Au cours de la période 2000-2011, les achats français de viande et préparations de poulet ont été multipliées par deux fois et demi, que ce soit depuis l’Union européenne, mais aussi depuis les pays tiers pour de moindres volumes. Les importations progressent en provenance de la plupart des principaux fournisseurs européens. L’ensemble Belgique-Luxembourg et les Pays-Bas dépassent la centaine de milliers de téc en 2011 pour devenir nos principaux pourvoyeurs, respectivement 29 % et 25 % du total en 2011. De son côté, l’Allemagne quadruple ses envois vers le territoire français de 2000 à 2011, tandis que l’Espagne et le Royaume-Uni augmentent leurs expéditions de plus des deux-tiers. La Pologne fait plus que sextupler ses envois dans le même temps. Parmi nos principaux fournisseurs des pays tiers, le Brésil et la Thaïlande ont plus que doublé leurs expéditions directes vers la France.
De 2000 à 2011, les exportations de viande et préparations de poulet se replient vers l’Union européenne, mais progressent vers les pays tiers. En 2011, 71 % des volumes exportés leur sont destinés, contre 29 % à destination de l’Union européenne. En 2000, la répartition était de 58 % pour les pays tiers et 42 % pour l’UE. De 2000 à 2011, les exportations sont en baisse vers l’Union européenne. Celle-ci est assez prononcée vers le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Italie. À l’inverse, les exportations augmentent vers l’Espagne. Au cours de la même période, les exportations ont quasiment doublé en volume vers le Moyen Orient. Les restitutions communautaires à l’exportation expliquent le développement de ces ventes. D’autres pays, parmi nos clients importants, ont développé fortement leurs achats au cours de la période : la Russie (un quart de plus), le Bénin (près de deux tiers supplémentaires), Hong-Kong (plus de la moitié en plus), enfin la Chine qui augmente en permanence ses achats, tout en restant un client modeste pour l’instant.
 
Retournement de situation en ce début d’année
Le secteur n’échappe pas au renchérissement du coût de l’aliment et les abattages de poulet se réduisent au cours des sept premiers mois de 2012. Après avoir progressé en 2011, les abattages de poulet se réduisent à partir du début 2012 (- 2,7 % par rapport aux sept premiers mois de 2011). Au premier semestre 2012, les importations de viande et préparations de poulet sont en hausse de près de 8 % par rapport à la même période en 2011. Elles progressent en provenance de l’Allemagne et des Pays-Bas, alors qu’elles se réduisent depuis l’ensemble Belgique-Luxembourg. En juillet 2012, le prix de l’aliment a augmenté de 0,3 % en un an (par rapport à juillet 2011) et de 24 % en deux ans (par rapport à juillet 2010). Le prix à la production du poulet a de son côté baissé de 1,6 % en un an et augmenté de 17 % en deux ans.

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