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Agro-équipement 2011, retour à l’investissement

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Le marché français de l’agroéquipement est dans une situation extrêmement favorable et enregistre une hausse de 38,6% pour le premier semestre 2011. « Les industriels et les distributeurs sont d’un optimisme prudent », a déclaré Alain Dousset, président du Sedima (Syndicat des distributeurs de machines agricoles) lors d’une conférence de presse qui s’est tenue le 18 octobre. Les résultats de 2011 sont très positifs, correspondant à la plus forte progression du marché depuis 2007. Mais les distributeurs et le monde agricole n’ont pas oublié la crise des investissements qui avait suivi 2008.

Les agriculteurs réinvestissent. C’est ce qu’a montré le 18 octobre le rendez-vous bi-annuel de la filière agro-équipement. L’occasion de dresser un bilan du premier semestre 2011 et de présenter les perspectives pour 2012. « Les industriels et les distributeurs sont d’un optimisme prudent », résume Alain Dousset. Les industriels prévoient une augmentation du marché de 30% pour l’année 2011 (4,2 milliards € au total) pendant que les distributeurs se positionnent plutôt sur une stabilité ou une légère croissance pour le second semestre 2011. Les acteurs de la filière prévoient une année 2012 au moins sous le signe de la stabilité. Ce qui est sûr, c’est que les ventes ont progressé de 38,6% au premier semestre 2011.

Lait et céréales : des investissements en forte progression en 2011

La production française d’agroéquipement a suivi une ascension exceptionnelle au cours du premier semestre 2011 (+40,4% par rapport au premier semestre 2010). Le pôle principal concerne les fabrications de tracteurs qui ont augmenté de 46%. « La situation de la production française est comparable à 2008. C’est une période favorable », précise Patrick Perard, président d’Axema (union des industriels de l’agroéquipement). Les domaines les plus dynamiques sont les secteurs céréaliers (+22,7% sur le marché des moissonneuses-batteuses par exemple) et celui de l’élevage laitier. « Les éleveurs laitiers ont été plus sereins cette année pour investir, car le prix du lait était très favorable », explique Patrick Perard. La viticulture affiche aussi une belle hausse (+22,1% d’immatriculation de tracteurs vignes et vergers neufs) après plusieurs années de marasme. En revanche, les secteurs de l’élevage (bovins, porcins) ont toujours des difficultés de trésorerie pour investir. Ils sont soumis à des charges de production qui, sans doute, limite leurs capacités d’investissement. « Nous espérons que le secteur de l’élevage pourra suivre la tendance également », insiste Patrick Perard.

Le monde agricole n’a pas oublié l’après 2007/2008

La situation de 2007/2008 est-elle en train de se reproduire ? Risque-t-on, comme en 2009, de constater bientôt un reflux des investissements combiné à un endettement important ? Aujourd’hui comme hier, les mêmes éléments conjoncturels sont réunis : une capacité d’investissement ponctuellement très élevée rendue possible par des prix du lait et des céréales en forte progression. La « bulle » positive de 2008 dans laquelle se trouvaient les céréaliers et les éleveurs laitiers a explosé pour la campagne 2009/2010. Les prix du lait et des céréales avaient dégringolé, entraînant dans leur chute la trésorerie des producteurs. En l’espace d’une année, le monde agricole était plongé dans une grave crise avec des producteurs endettés et des prix à la production qui ont eu du mal à remonter. Des leçons d’un tel épisode doivent être tirées. Aujourd’hui, le constat fait par la filière de l’agro-équipement est extrêmement positif, mais l’inquiétude d’un renversement de situation comme en 2009/2010 incite l’ensemble du monde agricole à la prudence.

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