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Porcs 2011 : une fin d’année encourageante

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En 2011, la filière porcine est marquée par un rebond exceptionnel en automne qui a permis aux marges brutes de se renforcer. Cependant, l’optimisme de fin d’année ne doit pas occulter la nécessité d’une relance des investissements pour restructurer les élevages et pour redorer l’image d’une profession mise à mal par les attentes sociétales.

En cette fin d’année 2011, le prix du porc perçu par les éleveurs bat des records (+16% en un an au mois d’octobre), mais le prix des matières premières atteint aussi des sommets (+23% en un an) selon l’Ifip (institut technique du porc). La fin de l’année semble être du côté des éleveurs : les prix du porc n’ont pas connu la baisse saisonnière habituelle et ont même progressé depuis septembre (+4,6% en octobre). En outre, les coûts alimentaires se sont stabilisés à la baisse depuis cet automne (-1,6% en septembre et -3,1% en octobre). La conjoncture est favorable à la remise à niveau des trésoreries des éleveurs avec un indicateur de marge brute calculé par l’Ifip qui progresse de 600 à 800 euros/truies entre septembre et octobre.

Technicité et exportations : les clés du rebond
« Le ratio du nombre de porcs produits par truie ne cesse d’augmenter », explique Michel Rieu, directeur du pôle économique de l’Ifip. A l’échelle des exploitations, les innovations techniques (génétique, alimentation, sanitaire) pour la conduite du cheptel ont permis d’améliorer les performances globales du cheptel. Une étude de l’Ifip a montré que l’élevage français avait gagné en compétitivité entre 2005 et 2009. Par ailleurs, les éleveurs français ont pu profiter de la demande extérieure exceptionnelle en 2011, en particulier vers la Chine. « Le marché export a bien tiré et a sauvé le prix du porc en 2011 », a assuré Jacques Poulet, directeur du Pôle animal de Coop de France le 24 novembre. Selon l’Ifip, les exportations de produits de porcs vers la Chine et Hong Kong ont gagné 34% sur le premier semestre 2011. Pour fin 2011 et début 2012, les prévisions tablent sur un maintien de la demande asiatique à des niveaux élevés.

Concilier attentes sociétales et restructuration des exploitations
Structurellement, les élevages sont dispersés et s’adaptent donc différemment aux mouvements de la conjoncture. Les exploitations les moins rentables diminuent ou cessent leurs activités. Et ce n’est pas nécessairement au profit des plus grandes exploitations. « Il ne serait pas étonnant que les cessations d’activité ne soient pas entièrement compensées par l’agrandissement et/ou la reprise d’exploitations », souligne Michel Rieu. Par ailleurs, l’échéance de janvier 2013 fixée par la Directive 2008/120/CE sur la mise aux normes des bâtiments de truies gestantes, pourrait accélérer ces mouvements. En effet, les capacités d’investissement des éleveurs ont été réduites par la crise de 2008, puis celle plus récente de 2010. « Des investissements lourds sont attendus des éleveurs pour la mise aux normes de 2013 », indique Jacques Poulet. Les difficultés rencontrées pour se mettre aux normes européennes pourraient alors déterminer l’avenir des exploitations les moins rentables.
Par ailleurs, les attentes sociétales freinent les évolutions structurelles de la filière. « Il y a une réelle stigmatisation de la profession en France », avait insisté Didier Delzescaux, directeur de l’Inaporc (interprofession nationale porcine) le 17 novembre. Pourtant, la réglementation française (environnement et bien-être animal) est plus stricte que celle de nos concurrents qui ont fortement concentré leur production. « La filière porcine souffre d’une image négative auprès de la société, alors qu’elle est combinée à une réglementation plus stricte que chez nos voisins européens », regrette Michel Rieu.

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