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Réaction 2013 : « un bon millésime » pour Guy Vasseur

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Le président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA) s’est dit satisfait, le 7 février, de la mobilisation des agriculteurs pour les élections aux chambres d’agriculture et de la victoire du duo FNSEA/JA. Il se portera le 20 mars candidat à sa réélection. Mais au préalable, chambres départementales et régionales vont progressivement s’installer et une modification de la gouvernance pourrait intervenir. Un décret devrait prévoir la mise en place d’un conseil d’administration d’une trentaine de membres – élus par les présidents des chambres. Il sera lui-même chargé d’élire le bureau réduit à 12 membres. Explications.

Êtes-vous satisfait de la mobilisation des agriculteurs pour ces élections 2013 ?
Philippe Vasseur : Satisfait, oui. Alors, certes, nous constatons un fléchissement par rapport à 2007. Mais rappelons-le, 2007 a été une année exceptionnelle. Et 2013 peut être considéré comme un bon millésime. On est à peu près dans la moyenne de 2001 et de 1995. Par comparaison avec les autres élections professionnelles, c’est par ailleurs, de loin, le score le plus élevé. Et pour pousser la comparaison, par rapport à la société, nous n’avons pas à rougir de notre score, au regard de ceux dans le cadre des élections cantonales ou régionales. Les agriculteurs restent en effet mobilisés concernant la représentativité de leurs organisations syndicales et de leurs chambres d’agriculture. L’analyse de ce fléchissement est encore compliquée à réaliser. Il est un peu tôt et je n’ai pas tous les paramètres. Mais prenons l’exemple de mon département, le Loir-et-Cher : j’ai une partie de la viticulture qui est dans une situation difficile, les gars ne croient plus en rien... C’est peut-être une des raisons pour lesquelles ils n’ont pas répondu au vote. Il y a d’autres aspects : les problématiques environnementales, les normes etc., ça n’est plus notre métier. Et ca a compté aussi, je pense, dans ce scrutin. Mais cette année reste un bon millésime.

Que pensez-vous des résultats ?
On peut aussi parler d’un très bon millésime pour les listes FNSEA/JA. Deux départements ont été perdus. Alors oui, bien sûr, c’est un problème surtout pour les agriculteurs de ces départements. Le Puy-de-Dôme et la Charente sont les résultats de la division. Pour le Puy-de-Dôme précisément, je ne sais pas comment ils vont gouverner la chambre, car c’est l’alliance de la carpe et du lapin entre la Confédération paysanne et la Coordination rurale. Mais c’est surtout le résultat de la division chez nous. Les paysans n’aiment pas quand on se divise. Donc, ils l’ont fait payer. Mais ce qui est à retenir surtout, c’est le très bon score de la FNSEA/JA.

Quelle va être la suite après cette première étape des élections aux chambres d’agriculture ?
Les chambres départementales vont dans un premier temps être installées, dans le mois qui suit la proclamation des résultats – globalement à partir d’aujourd’hui jusqu’à fin février. Par exemple, pour la chambre départementale du Loir-et-Cher, ça va se passer le 15 février. Puis ce sera au tour des chambres régionales jusqu’à la mi-mars. Et le 20 mars, se tiendra l’installation de l’APCA (l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture), avec l’élection du président et des membres du bureau.

Comment cela va se dérouler précisément pour les chambres régionales ? Ce devrait être un peu différent, en raison du nouveau mode de scrutin ?
Sur les listes électorales, certains candidats étaient fléchés en effet en vue de la chambre régionale. Pour mon département, sur le collège des chefs d’exploitation, nous avons quatre élus qui vont à la chambre régionale. Compte tenu du nouveau mécanisme, il y en aura trois de la liste FDSEA-JA et un de la liste Coordination rurale. Mais je rappelle que le collège des chefs d’exploitation est le seul à avoir élu directement, à partir du scrutin départemental, ses représentants pour la région. Pour les autres collèges, ils seront réunis prochainement dans un seul lieu, au niveau régional, pour élire à partir des élus départementaux, les élus régionaux.

Certaines chambres d’agriculture ont fusionné. Pour d’autres, c’est en cours. Comment cela va se passer pour elles ?
Parmi les chambres qui ont fusionné, nous avons le territoire de Belfort/le Doubs, la Savoie/la Haute Savoie, le Nord/le Pas-de-Calais et puis la région Nord-Pas-de-Calais. Pour elles, les élections se sont déroulées normalement, la fusion a été faite avant. En revanche, nous avons d’autres chambres qui sont en cours de fusion et qui ont mené chacune de leur côté des élections : il s’agit du Bas-Rhin et du Haut-Rhin. Elles vont poursuivre le processus de fusion déjà engagé, et dans les deux trois mois qui viennent, ce devrait être effectif. Mais elles garderont le même nombre d’élus. Une fois élu, on ne peut plus ne plus être élu.

Concernant les membres du bureau : combien de fauteuils estimez-vous renouvelables ?
Je n’en sais rien pour le moment. D’abord, il y a ceux qui ont arrêté par leur propre volonté. Il y a ceux pour qui ça n’a pas été le cas... Je sais cependant qu’il y a certains membres du bureau inscrits dans les listes qui ont été élus. Il peut y avoir deux ou trois personnes qui ne soient pas réélus président. Donc c’est difficile de savoir. Pour le bureau, tout le monde est éligible. Mais ce dont je suis sûr est que si l’on est dans la même disposition de règlement que pour le précédent mandat, je suis certain que la moitié des membres du bureau actuel ne sera plus là.

Pourquoi précisez-vous « même disposition de règlement » ? Est-il possible qu’il y ait des changements d’ici le 20 mars ?
Oui. Aujourd’hui, tous les présidents de chambres départementales et régionales (117) élisent directement les quinze membres du bureau. Mais nous essayons de changer la gouvernance. Et la proposition qui a été faite au ministère de l’Agriculture – j’espère d’ailleurs que le décret sortira à temps –, prévoit la mise en place d’un conseil d’administration qui réunira 32 ou 33 membres et sera chargé d’élire ensuite son bureau de 12 personnes maximum (au lieu des 15 aujourd’hui).

Etes vous enfin candidat à la présidence de l’APCA?
Oui, je suis candidat. Mais d’abord il faut que je sois élu dans mon département. Les candidats émanent des différentes organisations syndicales : je pense que la FNSEA et les JA me proposeront. Maintenant, nous ne sommes que le 7 février. Mais je suis confiant. C’est un objectif en tout cas.

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