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Colloque national biomasse 2015, une année décisive pour la méthanisation

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Les experts de la filière méthanisation en France ont rappelé que l'année 2015 sera une année décisive, lors du 5ème colloque national biomasse à Paris, le 30 juin.

L'année 2015 devrait être décisive pour la filière méthanisation. Dans le cadre du projet de loi sur la transition énergétique, les experts attendent plus de visibilité sur les marchés de l'énergie sans quoi les investisseurs ne poursuivront pas l'aventure de la méthanisation. Pour l'heure, le biogaz produit par la méthanisation des effluents d'élevage et/ou de déchets agroalimentaires est valorisé pour produire de la chaleur et de l'électricité. Le prix d'achat de l'électricité est donc un facteur-clé du développement de la filière méthanisation en France. Le niveau du prix sera fixé par la loi sur la transition énergétique qui doit être votée courant 2015. « Nous avons besoin de visibilité sur les marchés à court et moyen terme. Il faut une feuille de route claire pour nos industriels », a rappelé Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables, lors du 5e colloque national biomasse à Paris, le 30 juin. Par ailleurs, l'injection directe du biogaz dans le réseau est un défi que la filière entend relever. « Il faut augmenter l'injection de biogaz dans le réseau », a déclaré Cyril Le Picard, président de France Biomasse énergie. Les experts précisent qu'il ne s'agit pas d'injecter systématiquement le biogaz dans le réseau. « Lorsque le méthaniseur est proche du réseau, il paraît logique de développer l'injection directe. Mais nous ne voulons pas d'une injection systématique », précise Thierry Trouvé, directeur général de GRT Gaz (réseau de transport du gaz).

Le mouvement anti-méthanisation se déploie

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Au-delà du frein économique et politique, reste à gérer la montée en puissance d'un mouvement anti-méthanisation. Car le développement de la méthanisation s'accompagne aussi du développement des mouvements d'opposition. « Sur le terrain, nous voyons une montée en puissance des blocages anti-méthanisation », témoigne Anthony Mazzenga, délégué stratégie, GrDF (réseau de distribution gaz naturel). En Midi-Pyrénées, Françoise Dedieu-Casties, vice-présidente de la Région raconte : « Nous avons des difficultés dans tous les projets d'énergies renouvelables. En général, deux ou trois personnes se mettent en association et font recours sur recours ». Selon elle, les citoyens sont mal informés. « Quand on parle de méthanisation, ils pensent tout de suite à “explosion” », regrette l'élu régionale. Là encore, le Ser espère que, politiquement, des choix permettront de limiter les recours à répétition. Finalement, les défis sont encore très nombreux pour que l'objectif gouvernemental de 1500 méthaniseurs installés en France en 2017 soit atteint.

Pierre Radanne pour une approche interministérielle du sol et de la biomasse

« Il faut une approche interministérielle du sol, de la biomasse et de ses usages », a déclaré Pierre Radanne, spécialiste des politiques énergétiques au 5e colloque national biomasse à Paris, le 30 juin. L'ancien président de l'Ademe (agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) rappelle que l'utilisation des sols concerne l'agriculture, mais aussi l'industrie, l'écologie, etc. « Il faut une vision d'ensemble », a soutenu aussi Fabrice Boissier, directeur général délégué de l'Ademe.