Une première enquête nationale sur les abeilles annonce un pourcentage de 29,3% de pertes de colonies à la sortie de l’hiver 2007/2008. Ce chiffre est très supérieur aux estimations des années précédentes qui tournaient autour de 15%. La disparition des butineuses semble donc encore s’accélérer. La recherche s’organise, mais tarde à apporter des solutions aux apiculteurs.
La première enquête nationale sur les pertes hivernales des colonies d’abeilles a abouti à un chiffre de 29,3% de ruches non productives. Le CNDA (Centre national du développement apicole) qui a mené cette étude avec l’institut de l’élevage en a présenté les premiers résultats jeudi 27 novembre lors de la quatrième journée technique nationale de l’apiculture à Dijon. La moitié de ces colonies perdues sont mortes, 28% très affaiblies, 14% bourdonneuses (ou orphelines, c’est-à-dire sans reine) et 8% malades. L’enquête a porté sur 168 apiculteurs professionnels ayant plus de 150 ruches et adhérents des associations de développement l’apiculture (ADA). Même si les chiffres ne peuvent pas être comparés, les apiculteurs estimaient leurs pertes durant les hivers 2006 et 2005 respectivement de 16,8% et 17,3%. Il faut souligner que 2007 a été une année particulièrement défavorable aux abeilles, avec un été très humide.
Le péril jaune
Entre les parasites (Varroa), les pathogènes (Nosema), les virus, les pesticides et le manque de ressource alimentaire, les apiculteurs ne semblent donc pas prêts de résoudre les problèmes de surmortalité qui touchent leurs cheptels. D’autant qu’un nouveau prédateur des butineuses a fait son apparition en 2005, le frelon asiatique. Cet insecte probablement arrivé de Chine par bateau s’est déjà largement disséminé en Aquitaine et devrait poursuivre son développement dans toute la France en suivant les réseaux hydrographiques. Selon les experts de l’ADAAQ (ADA Aquitaine) qui l’observent, « son comportement de prédation est devenu économiquement inquiétant pour l’élevage de colonies d’abeilles et les gens qui en vivent ainsi que pour l’ensemble de la faune pollinisatrice ».
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Un réseau de recherche européen
Une des solutions explorées consiste à mettre en place des jachères apicoles. Axel Decourtye, chercheur spécialiste de l’abeille à l’Acta (Association de coordination technique agricole) a présenté les résultats de son étude sur l’influence de ces jachères fleuries sur l’abeille domestique. Il apparaît que cela n’a aucun effet sur les quantités de réserves alimentaires stockées dans les ruches et sur le miel produit. Par contre, le poids de la ruche et l’élevage des larves s’en trouvent significativement augmentés. Afin d’accélérer l’évolution des connaissances sur les causes de la disparition des abeilles, le réseau européen Coloss a vu le jour le 21 novembre dernier, financé par l’Union européenne. Il réunit des spécialistes des hyménoptères de 22 pays européens dans le but d’échanger des informations et de mutualiser les efforts de recherche.