La jeune société spécialisée dans les spiritueux 30 & 40 poursuit ses levées de fonds qui atteignent désormais 1 million d’euros. Ses trois fondateurs parient sur le potentiel inexploité du calvados et d’abord sur leur apéritif phare, le Double Jus.
Un nouvel actionnaire vient de rejoindre le tour de table de 30 & 40 : il s’agit d’Eric Kayser, qui a investi à titre personnel dans la société, active commercialement depuis 2016. « Il partage nos valeurs en termes de travail artisanal, d’ancrage en France, d’innovation, et a acquis une précieuse expérience en développement international », explique Thibault Patte, cofondateur de 30 & 40 aux côtés de Vincent Béjot et Aymeric Dutheilet. Sans dévoiler le montant précis de ce nouvel apport de liquidités, Thibault Patte indique que la société a levé au total 1 million d’euros depuis 2016 auprès de business angels, du fonds régional Normandie Participations, de quelques cadres et d’Eric Kayser. Les trois fondateurs contrôlent la majorité du capital. « Eric Kayser nous apporte son expertise et ses conseils d’entrepreneur au-delà de sa participation financière », ajoute-t-il.
Le développement de 30 & 40 se base sur toutes les déclinaisons imaginables à partir du calvados, un produit « au très fort potentiel, mais mal connu des consommateurs et qui n’a pas encore emprunté le chemin du renouveau que connaît le whisky depuis une vingtaine d’années », juge Thibault Patte. « Il y a une infinité de possibilités à partir du calvados : 150 variétés de pommes, différentes durées de fermentation, plusieurs méthodes de distillation, et une multitude de combinaisons possibles lors des assemblages », s’enthousiasme Thibault Patte. Et si les volumes de calvados sont en baisse régulière depuis plusieurs dizaines d’années, la valorisation est en marche. Les créateurs de cocktails se sont emparés du calvados, mais les créations de spiritueux ou de liqueurs à partir de calvados ne sont pas encore très nombreuses.
En 2016, 30 & 40 a lancé son Double Jus, un apéritif (23 % vol.) inspiré de ceux qui ont connu leur âge d’or dans l’entre-deux-guerres, que les amateurs avaient l’habitude d’agrémenter d’un trait d’eau de seltz. Si le spritz est aujourd’hui le plus en vogue, ayant relancé les ventes d’Aperol, le Double Jus s’inscrit dans la même lignée. Il peut être consommé pur, mais aussi agrémenté de vin effervescent, de tonic ou d’eau gazeuse. Le produit s’inscrit bien dans la tendance actuelle des boissons faiblement alcoolisée et de l’essor de l’apéritif. Un usage est même possible sous forme de cidre chaud aux épices, en hiver, à l’image du vin chaud.
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Age d’or des apéritifs
Le Double Jus représente actuellement 95 % des ventes de 30 & 40, selon la société, qui a enrichi son portefeuille de plusieurs références de calvados et d’une eau-de-vie de cidre de Normandie. Pour ce qui est du calvados, la société veut se distinguer en mettant au point des petites séries (100 à 200 bouteilles) sélectionnées par ses soins. 30 & 40 s’appuie sur des distillateurs et se concentre sur l’élaboration des recettes et des assemblages, le vieillissement, le marketing et la commercialisation.
« En 2019, 30 & 40 a vendu 10 000 bouteilles, et autant en 2020, alors que nous nous attendions à pouvoir écouler trois ou quatre fois plus si la fermeture des bars n’était pas intervenue », selon Thibault Patte. L’essentiel de sa clientèle étant constitué des bars et cafés, la société a été obligée de réaliser un tournant fin 2020 en revoyant les emballages de ses produits et en se tournant vers les cavistes. « Aujourd’hui, en plus des cavistes, nous retrouvons la clientèle des CHR français qui commandent à nouveau, après les Britanniques qui ont déjà relancé leurs commandes il y a quelques semaines », poursuit-il. Focalisée pour l’instant sur son Double Jus, 30 & 40 ne prévoit pas de nouveaux produits pour le moment, la société espérant commercialiser, en 2023, environ 100 000 bouteilles, à la fois auprès du grand public, par l’intermédiaire des cavistes, et des professionnels du CHR.