Attendue par les industriels française de la volaille, une aide de 30 millions d’euros – sur l’enveloppe de 52 millions dédiée à la filière – a été annoncée par le Premier ministre. Dix millions devraient être ainsi destinés aux « grands exportateurs » qui bénéficient de restitutions, alors que les vingt autres millions seraient destinés aux autres opérateurs. Des financements qui devraient permettre de réduire l’offre en déstockant afin d’assainir le marché.
Pour l’instant, ces aides restent un effet d’annonce ». Yves Stunic ne décolère pas. « Cela fait 5 mois que l’on subit cette crise, et l’on n’est entendu que depuis 15 jours ! », déplore le directeur marketing des volailles Duc. Il aura fallu en effet attendre la découverte du virus H5N1 dans un élevage de dindes dans l’Ain, une nouvelle sur-médiatisation, et une baisse « de l’ordre de moins 25 à moins 30 % »des ventes de volailles – selon les derniers chiffres de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) – pour que les aides à la filière soient réévaluées. Mais les choses se dessinent peu à peu et prennent une tournure plus concrète. Sur les 52 millions d’euros promis par le Premier ministre, 30 millions devraient bénéficier aux industriels. Plus précisément, environ un tiers de cette somme devrait être destinée aux grands exportateurs (entreprises exportant avec des restitutions), et les deux tiers restants devraient soutenir celles travaillant à l’intérieur de l’Union Européenne ou exportant sans restitutions.
Adapter l’offre a la demande
Même s’il n’y a pas encore « de règles déterminées », comme l’explique Alain Melot, président de la Fédération des industries avicoles (FIA), « ces financements devraient aider au déstockage ». Pour éviter la surproduction et surtout réduire l’offre de volaille, les pouvoirs publics indemniseront des « réductions coordonnées d’activité », indique le ministère de l’Agriculture. Dans la majorité des cas, il s’agit malheureusement de détruire les stocks de volailles congelées. « Cette démarche est saine, puisqu’il faut prendre acte de la réduction des débouchés, juge Cyril Arcamone, directeur de la communication du groupe Doux. Mais pour que la mesure soit efficace, on devra en revanche bien contrôler que tout le monde s’y plie ». Alors que « l’on constate une baisse de 3,5% des prix », selon André Delion, directeur financier de LDC, tenter d’assainir le marché est une solution. Autre mode de soutien, la FIA demande également au gouvernement le dégrèvement de différentes taxes (équarrissage, professionnelle, organique…) qui « représentent 0,9% du chiffre d’affaires des entreprises », selon Alain Melot. Cette mesure aurait l’avantage d’avoir un effet sur « toutes les sociétés de la filière, quelle que soit leur taille ». Une requête de la rue de Varenne serait partie à destination de Bercy en ce sens…
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Réduction de CDD
Pour les industriels, la situation est de plus en plus délicate. Moins touchées jusqu’alors que les pièces entières, les ventes de découpes de volailles ont à leur tour décroché la semaine dernière. Les acteurs réduisent logiquement leur mise en place. Avec pour conséquence un impact en terme d’emploi. Filiale de Terrena et troisième intervenant français du secteur avec 780 millions d’euros de chiffre d’affaires et 4 000 employés, le groupe volailler Gastronome n’a pas renouvelé 600 contrats à durée déterminée fin février. La direction de Doux devait pour sa part rencontrer ses partenaires sociaux le 2 mars pour établir des mesures en termes d’emploi. De son côté, LDC (Lambert-Dodart-Chancereul) n’a pas reconduit 200 CDD sur son site de Sablé. « Le taux d’employés en CDD ou intérim est très fort dans la filière, en raison de la saisonnalité de l’activité et du côté aléatoire des commandes », indique Alain Melot. 5 000 intérimaires seraient ainsi directement concernés par les réductions d’activité.
Un impact financier
LDC chiffre l’impact de la crise de la grippe aviaire sur son chiffre d’affaires 2005-2006 à 13 millions d’euros. Par rapport à 2004, le groupe a vu son activité reculer de 5,3 % en valeur en décembre dernier, entraînant une perte de 6,6 millions d’euros. Chahuté à la fin du mois sur la place de Paris, son titre à reculé de 17 % depuis le début de la crise. Duc, le cinquième groupe volailler français chiffre de 2,5 à 3,5 millions d’euros l’impact de la crise sur ses 99,4 millions d’euros de chiffre d’affaires, alors que celui du quatrième semestre de son exercice a reculé de 8,47%, à 22,38 millions.