Au 26 juillet, date du dernier pointage réalisé par le ministère de l’Ecologie, l’application de mesures de restriction des prélèvements d’eau était en cours dans 33 départements, principalement dans le quart Sud Ouest et dans quelques secteurs à l’Est. La situation est moins inquiétante qu’en 2003.
« Il s’agit d’un année de sécheresse moyenne, équivalente aux années 1998 et 2002 », explique Jean-Claude Vial, directeur-adjoint de l’Eau au ministère de l’Ecologie. A l’échelle de l’hexagone, la situation est moins inquiétante que l’an dernier quand 56 départements avaient pris des mesures de limitation des usages au 6 août (77 départements sur l’ensemble de l’été). La sécheresse est néanmoins plus importante qu’entre 1999 et 2001, années pendant lesquelles moins d’une dizaine de départements avaient été amenés à limiter les usages de l’eau. Jean-Claude Vial se félicite que le Plan d’action « sécheresse » diffusé fin mars aux préfets ait permis aux agriculteurs, notamment, de mieux anticiper les situations de pénuries d’eau.
Moins inquiétant qu’en 2003
Pour l’heure, 33 départements ont limité certains usages de l’eau : on retrouve la plupart du Sud-Ouest (Pays de Loire, Poitou-Charentes, Aquitaine, Centre, Midi-Pyrénées), mais également plusieurs départements de Rhône-Alpes (de l’Ain au Vaucluse), en aval de la Seine (Eure, Seine-Maritime), de l’Aisne à la Côte-d’Or, et en Alsace (voir carte). Les niveaux de restriction sont variables selon les bassins versants et les cours d’eau, et font généralement l’objet d’un faible niveau d’alerte (diminution des prélèvements de 30%, interdiction irrigation 1jour/semaine...), indique le ministère de l’Ecologie. Actuellement, le taux de remplissage des barrages participant au soutien d’étiage est jugé « encore satisfaisant ». Mais la gestion des stocks doit être faite avec prudence pour pouvoir faire face au risque d’une sécheresse prolongée jusqu’à l’automne et au probable décalage de la campagne d’irrigation dans certaines régions, précise le ministère.
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Nappes en baisse
Les précipitations ont presque partout été inférieures à la normale depuis début avril 2004. Sur la moitié Est du territoire, le déficit est de l’ordre de 25 à 50%. Dans le Sud-Est, ce déficit est parfois supérieur à 50%, même si une partie du Languedoc-Roussillon, ainsi que la Corse, ont à l’inverse réussi à tirer leur épingle du jeu avec des niveaux de précipitation supérieurs aux années précédentes. Les départements les plus déficitaires sur les trois derniers mois sont notamment les départements riverains de la Loire aval et les départements du nord et de l’est de la France. L’état de remplissage des nappes souterraines, est également contrasté. La grande majorité des nappes est en baisse comme il est normal en cette période de l’année. Dans un large tiers Sud – y compris la Corse mais sauf l’extrême Sud-Est –, les précipitations de cet hiver ou de ce printemps ont permis d’aborder l’été dans une situation très satisfaisante voir excédentaire, supérieure à ce qu’elle était en 2003 à la même période. Ainsi, les principales nappes du Languedoc-Roussillon conservent des niveaux supérieurs – voire très supérieurs – aux moyennes pour la période, comme pour les nappes superficielles du Roussillon.
Dans une large moitié Nord, la recharge hivernale et printanière n’a pas été bonne mais la situation est encore satisfaisante pour les grandes nappes. Seuls la nappe des calcaires de Beauce, quelques secteurs de la nappe de la craie (en Basse-Normandie ou dans la partie sud de la Somme) ou de la nappe des calcaires de la plaine de Caen présentent encore des niveaux nettement supérieurs à la normale. Entre ces deux situations géographiques, certaines nappes peuvent se trouver à des niveaux très inférieurs à la normale, notamment en Artois-Picardie, dans le nord de la région Rhône-Alpes, dans les Ardennes, en Vendée, Paca ou Aquitaine.