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Biodiversité 35% de la production alimentaire mondiale liés aux pollinisateurs

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Selon une étude menée par une équipe internationale de scientifiques, 75 % des cultures qui nourrissent la population mondiale dépendent des pollinisateurs. En volume, 35 % de la production alimentaire sont concernés. La mauvaise santé des abeilles inquiète les chercheurs.

Les cultures agricoles sont-elles dépendantes des insectes pollinisateurs ? Et si oui, dans quelle proportion à l’échelle de la planète ? Jusqu’ici, aucun travail d’envergure n’avait été mené pour répondre à ces questions. Un groupe de scientifiques appartenant à des centres de recherche allemand, français, australien et américain a décidé de s’y atteler. Une première, car il il n’existait à ce jour que des estimations très approximatives en la matière. Leur travail a consisté à faire la synthèse des travaux scientifiques portant sur les 115 cultures les plus importantes pour plus de 200 pays.

L’Inra a participé aux travaux

Les résultats de leurs travaux, qui ont été publié le 25 octobre dans la revue Proceedings of the Royal Society Biological Sciences, montrent que plus de 3/4 des cultures alimentaires dépendent de l’activité pollinisatrice des animaux. On y trouve la majorité des cultures fruitières, légumières, oléagineuses et protéagineuses, de fruits à coques, d’épices et de stimulants (café, cacao). En volume de production, les chercheurs ont calculé que 35 % de la production mondiale de nourriture sont issus de cultures dépendant des pollinisateurs. Pour le reste, 60 % proviennent de cultures qui ne dépendent pas de pollinisateurs telles que les céréales (blé, maïs, riz…) et 5 % proviennent de cultures pour lesquelles l’impact des pollinisateurs est encore inconnu.

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Bernard Vaissière (Inra Avignon), co-auteur de l’étude, précise que certaines cultures sont entièrement dépendantes des pollinisateurs pour leur production de fruits et de graines : le cacao, la vanille, les courges et potirons, les melons et pastèques, etc. Il s’alarme de voir que les pollinisateurs sont souvent trop rares pour polliniser les cultures de façon fiable et efficace. Pour les scientifiques, l’intensification de l’agriculture et l’impact des activités humaines sur l’environnement mettent en péril les abeilles sauvages et la pollinisation qu’elles assurent.