Le chiffre d’affaires des exploitations viticoles du Bordelais a baissé de près de 30% en 6 ans et 36% d’entre elles ne peuvent plus rémunérer les exploitants sur le dernier exercice, selon une étude économique portant sur 105 exploitations, sur la période 1999-2005, menée par la Chambre d’agriculture de Gironde.
L’étude porte sur 105 exploitations des cantons de Branne et Targon (Entre-Deux-Mers) : 67 exploitations individuelles et 38 sociétés (EARL, SCEA, GAEC). La surface moyenne de vigne en production est de 26 ha dont 22 ha en bordeaux rouge et 3,71 ha en bordeaux blanc. 82% des exploitations ont une surface comprise entre 10 et 40 ha et 80 % emploient moins de 3 salariés. L’exploitation moyenne emploie 1,74 UTH unité de travail humain salarié et 1,52 UTH familiale. Vingt-six des exploitations commercialisent majoritairement en caves coopératives, trente-sept en vrac et trente en bouteilles
Pour l’ensemble des exploitations, le chiffre d’affaires a baissé en moyenne de 27 % au cours des 8 dernières années et le résultat courant a été divisé par 7 en moyenne. Les groupes « cave » et « vrac » ne dégagent plus de résultat en 2004/2005. 36% des exploitations sont en perte en 2004/2005 et ne peuvent donc pas rémunérer le travail de leurs exploitants sans s’endetter davantage. Seuls 1/4 des exploitations dégagent plus d’un SMIC brut par exploitant.
Des investissements divisés par quatre
Les exploitations qui mettent en bouteilles mobilisent beaucoup plus de capitaux à l’hectare car elles ont plus d’immobilisation (chais, bâtiments pour le stockage…) et surtout des stocks plus importants. Leur actif par ha est de 23 550 euros contre 15 940 euros pour les exploitations qui vendent en vrac. Leur endettement est plus élevé et leurs échéances plus lourdes.
L’endettement moyen progresse depuis 2000/2001 pour l’ensemble des groupes. Toutefois, en 2004/2005, 58 % des exploitations sont endettées à moins de 50 % et sont dans une bonne situation de solvabilité. 8 % sont en situation de fort risque financier, endettées à plus de 100 %. Pour ce qui est de la capacité d’autofinancement des exploitations, elle chute entre les campagnes 1998/1999 et 2004/2005, la rentabilité décroît, les échéances d’emprunts ne diminuent pas. Les investissements sont divisés par quatre.
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Pourtant, le coût de production du raisin diminue depuis 5 ans ; il est passé en 2004 au-dessous de 3500 euros/ha. Sur la dernière année, tous les postes sont en baisse, y compris la main d’œuvre et la mécanisation. Cependant, les exploitations du groupe « bouteilles » ont des coûts plus élevés notamment en main d’œuvre.
Perte de 105 euros par tonneau pour le millésime 2004
Une étude du coût de revient complet au tonneau (hors rémunération du travail des exploitants), prenant en compte le coût de revient du raisin, celui de la vinification (en hausse constante sur les 5 dernières années), celui de la fiscalité et les autres charges, montre également une baisse en 2004. Le coût de revient était de 990 euros le tonneau en 2001, de 1 200 euros en 2002, 1 110 euros en 2003 et 949 euros en 2004. Malgré cela, la différence entre le coût de production (hors rémunération du travail familial) et le prix de vente, par tonneau, est négative. Cette différence sur le millésime 2004 est de 105 euros.
Pour ce qui est des bouteilles, le prix de ventes est en progression tous les ans (environ 2,5% par an) : il est passé de 2,80 euros la bouteille en 1998/1999 à 3,02 euros la bouteille en 2004/2005. La différence entre coût de production (hors mises et frais commerciaux) et prix de vente se maintient globalement. La « marge moyenne » avant rémunération est de 0,77 euro la bouteille. Mais les quantités vendues par exploitation, en bouteilles comme en vrac, ont baissé de 38 % en 8 ans, celles en vrac étant cependant plus touchées.