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Loup 4 abattages autorisés en 2004 mais pas de frein à l’expansion

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Le ministre de l’Ecologie a décidé d’autoriser l’abattage de 4 loups d’ici la fin de l’année, « ». Trois départements sont concernés : les Alpes-de-Haute-Provence, les Hautes-Alpes et les Alpes-Maritimes. Présentant le dispositif le 19 juillet devant la presse, Serge Lepeltier a également clairement affirmé sa volonté de voir progresser la population de loups dans l’Hexagone et entend organiser un « débat public » sur la question.

Faire baisser la pression là où elle est la plus forte, mais ne pas freiner la croissance du prédateur. Telle est la politique que le ministre de l’Ecologie entend mener dans les mois et années à venir sur le dossier « loup ». Mesure phare pour 2004 : l’autorisation accordée à trois départements du Sud-Est d’abattre 4 animaux « là où de manière récurrente les éleveurs ont subi des attaques malgré la mise en œuvre de moyens de protection». La présence desdits moyens de protection devra être vérifiée, insiste le ministre, laissant entendre que des attaques sur des troupeaux que les éleveurs n’ont pas protégés n’entraîneraient pas de représailles sur le prédateur. Les abattages seront réalisés par des gardes assermentés, sous la responsabilité des préfets. « Il s’agit d’une attitude prudente », commente Serge Lepeltier. De fait, alors que le groupe « loup » envisageait le prélèvement de 5 à 7 loups, c’est le chiffre de 4 qui a été retenu pour 2004. Le ministre justifie ce choix en expliquant que ce quota représente 10% des effectifs de loups connus (39 animaux ont jusqu’ici été répertoriés), pour une population totale estimée à 55 animaux par le ministère de l’Ecologie. Soucieux de préserver l’animal, Serge Lepeltier ajoute une autre condition restrictive : les tirs seront limités à trois loups, s’ils se révèle que les trois premiers animaux abattus sont des femelles. De plus, la zone centrale du parc national du Mercantour ne sera pas concernée par les prélèvements. Le ministre a confirmé que chaque année, un nouveau chiffre d’abattage devra être fixé. Et l’auto-défense des éleveurs ? Elle n’est pas envisageable car seul un encadrement précis des tirs peut assurer à long terme une coexistence du loup et du berger, répond le ministre.

Le loup dans toute la France ?

Serge Lepeltier voit également plus loin. Il affirme clairement sa volonté de voir progresser la population de loups dans l’Hexagone et entend organiser un « débat public » sur la question : « Il est illusoire de penser que le loup s’arrêtera sur les rives du Rhône, estime le ministre. C’est une question posée à la société. Et nous devons être clair : préserver le loup, c’est accepter que d’autres départements soient touchés ». « Il faut accompagner cette extension géographique, l’encadrer, l’expliquer, tout en limitant localement la pression du prédateur», ajoute-t-il, insistant sur l’idée qu’il ne s’agit pas de réguler la population de loups. Quelle forme prendrait le débat public ? Il est trop tôt pour y répondre, estime Serge Lepeltier, précisant uniquement que des contacts seront prochainement pris avec la Commission nationale du débat public.

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Alpes-Maritimes
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Si les éleveurs ont d’emblée critiqué les prises de positions du ministre (voir encadré), les défenseurs de la nature ont – à l’inverse – salué ses propos. « Nous sommes satisfaits des déclarations fortes du ministre affirmant que la présence du loup en France est un enrichissement ; jamais un ministre ne l’avait fait jusqu’ici» se réjouit Christophe Aubel, le responsable du dossier « loup » à France Nature Environnement. « On a évité le pire car on n’hypothèque pas l’avenir du prédateur », poursuit-il. Le responsable écologiste juge cependant « prématurée» la décision d’abattre 4 loups d’ici la fin de l’année. Il salue enfin le plaidoyer du ministre en faveur de l’expansion du loup en France et la prochaine organisation d’un débat public, « car cela permet de poser le débat ».