Après moins de quatre mois de réflexion des sept groupes de travail mis en place le 10 février par le ministère de l’Agriculture et quelque 30 réunions au niveau national, Hervé Gaymard a dévoilé le programme stratégique pour la filière laitière. A la clé, 50 mesures « concrètes » pour trois objectifs prioritaires : maintenir le maximum d’exploitations laitières viables sur l’ensemble du territoire, renforcer la compétitivité de la laiterie France tout en préservant l’emploi, et créer de la valeur ajoutée par l’innovation.
L’économie laitière est particulièrement importante avec près de 400 000 emplois générés, a expliqué le ministre de l’Agriculture Hervé Gaymard, le 22 juillet lors de la présentation du programme stratégique de la filière laitière. Trois objectifs sont visés par ce plan : maintenir le maximum d’exploitations laitières viables sur l’ensemble du territoire, renforcer la compétitivité de la laiterie France tout en préservant l’emploi, et créer de la valeur ajoutée par l’innovation. Cinquante mesures « concrètes » sont présentées dans un document de plus de 80 pages regroupant les conclusions des groupes de travail.
Garder le maximum d’exploitations laitières sur l’ensemble du territoire passe par le maintien de la compétitivité des exploitations, l’amélioration des conditions de travail et la réponse aux exigences minimales en matière d’environnement et de bien-être animal. Les propositions du ministère de l’agriculture concernent « la mise en place d’un plan bâtiment », « la réduction des charges d’exploitation notamment par la gestion collective du matériel », « l’appel aux groupements d’employeurs pour améliorer les conditions de travail ».
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Une meilleure gestion des quotas
L’amélioration de la gestion des quotas laitiers pour adapter les exploitations à la réforme de la Pac constitue « un point central », indique le ministère. Un large consensus s’est établi autour de quatre objectifs : consolider les quotas avant le 31 mars 2006 afin que « les exploitations d’avenir bénéficient d’un montant d’aide laitière correspondant au mieux à leur production » ; redistribuer des quotas aux exploitations qui poursuivront la production laitière après le découplage ; conforter les exploitations aux normes ainsi que celles qui pourront s’y mettre et favoriser le développement des structures associatives.
Améliorer la compétitivité
Au niveau des transformateurs, les mesures préconisées concernent « le renforcement de la compétitivité industrielle » par la réduction des coûts, l’amélioration du mix-produit, l’accroissement de la part des produits bien valorisés, la différenciation des gammes de production et la recherche de débouchés nouveaux. Il s’agit aussi de promouvoir les métiers de l’agroalimentaire et de maintenir un régime communautaire favorisant l’écoulement en matière grasse laitière après 2007. Pour le ministère de l’Agriculture, les actions à privilégier consistent en « la création d’outils fromagers inter-groupes, l’accompagnement des exportateurs, la création de nouveaux outils adaptés aux besoins des marchés »... Les moyens à mettre en œuvre consistent en une révision de la réglementation du plan sectoriel afin de permettre l’aide à la rationalisation des équipements de transformation beurre-poudres dans le cadre de regroupements d’outils avec fermeture de sites. Cette mesure doit faire l’objet d’un accord de la Commission européenne dans le cadre de la révision 2004 du PDRN (plan de développement rural national). Au chapitre des mesures en faveur de l’innovation, de la recherche et développement, les axes de travail à engager concernent : la sécurité environnementale, la meilleure compréhension du comportement du consommateur et les valorisations non alimentaires.