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58 parlementaires opposés à la libéralisation des plantations de vignes

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Pas moins de 58 parlementaires ont adressé une lettre ouverte au président de la République et au Premier ministre le 14 juin, s’opposant « fermement à la libéralisation des plantations de vignes programmée en 2030 ». Ils demandent à la France de convaincre les autres États membres de soutenir une prolongation de la régulation des plantations, pour éviter les crises de surproduction  survenues dans le passé dans le secteur du vin.

« Nous, parlementaires et élus des territoires viticoles, issus de toutes les sensibilités politiques, représentants de nos territoires et conscients de l’importance économique du secteur viticole, nous opposons fermement à la libéralisation des plantations de vignes programmée en 2030. » C’est ainsi que commence une lettre ouverte adressée au président de la République et au Premier ministre le 14 juin.

L’enchaînement prévisible qu’entraînerait une dérégulation

« Nous demandons à la France de s’engager et de convaincre les autres États membres de soutenir une prolongation de la régulation des plantations », soulignent ces parlementaires de toutes les tendances politiques et de tous les territoires (y compris la Seine-Saint-Denis et le Pas-de-Calais). La lettre ouverte, rédigée par Françoise Férat, sénateur de la Marne, alerte le chef de l’État sur l’enchaînement « que ne manquerait pas d’entraîner une dérégulation des plantations de vignes : surproduction, chute des revenus des vignerons, disparition de nombreuses exploitations familiales, standardisation de la qualité des vins et perte de réputation ». En bref, les signataires veulent éviter des crises violentes comme a pu en connaître le secteur viticole dans le passé et comme on peut les voir dans le secteur du sucre actuellement.

« C’est le bon moment »

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Pour Françoise Férat, « c’est le bon moment » pour sensibiliser les dirigeants nationaux, parce que les discussions sur la réforme de la Pac entrent dans une période active. De plus, il faut le faire avant que les nouveaux eurodéputés prennent connaissance des dossiers et que les commissaires européens soient nommés. La lettre ouverte rappelle à ce propos que la Comagri, (commission agricole du Parlement européen) a voté en avril dernier un amendement visant à prolonger le dispositif de régulation des plantations de vignes jusqu’en 2050. Il est prévu que le nouveau Parlement se prononce sur ce sujet dans les prochains mois, précise-t-on dans les milieux viticoles.

« Nous attendons du gouvernement français qu’il prenne des initiatives au Conseil »

Un précédent : le sauvetage de la régulation en 2013

Les professionnels se souviennent qu’en 2011, le président de la République Nicolas Sarkozy a fait une déclaration lors des vœux aux agriculteurs alsaciens, pour le rétablissement des droits de plantations en 2016, qui avaient été promis à l’abolition en 2008 par la Commission européenne. Il est rare qu’une décision de la Commission soit infléchie, mais en l’occurrence cela a été le cas en 2013. Une forte majorité d’États membres s’était prononcé au Conseil pour que le système de régulation des plantations soit rétabli. Il a été prorogé jusqu’en 2030. Mais, pour les professionnels, comme pour les 58 parlementaires signataires, « 2030, c’est demain ».