Le service international pour l’acquisition des biotechnologies (ISAAA) a dévoilé, le 11 février, un bilan 2008 des cultures d’OGM dans le monde supérieur de 10,7 millions d’hectares par rapport à celui de l’année précédente. Selon cette organisation financée par l’industrie des semences, les transgéniques ont couvert quelque 125 millions d’hectares l’an dernier dans 25 pays différents, soit environ 8 % des terres cultivées de la planète.
Les Etats-Unis, avec 62,5 millions d’ha, restent en tête du dernier classement des pays cultivant des semences OGM dans le monde, loin devant l’Argentine (21 millions d’ha), le Brésil (15,8), l’Inde (7,6), le Canada (7,6) et la Chine (3,8). Seuls quelques pays européens figurent dans la liste présentée par l’ISAAA parmi lesquels l’Espagne, la Roumanie, le Portugal et l’Allemagne. Hors de son bastion américain, la croissance du secteur est tirée par les pays les moins riches de la planète : 12,3 millions d’agriculteurs, essentiellement pauvres et dans les pays en développement utilisent des OGM, se targue l’ISAAA. Mais cela représente pour le moment moins de 1 % des paysans. Le Burkina Faso, l’Egypte et la Bolivie font leur première apparition dans le classement. La France, quant à elle, en est sortie suite au moratoire décrété l’an dernier dans ce pays ; un retrait d’ailleurs éludé par le rapport de l’ISAAA qui insiste sur la percée de ces semences au sein de l’Union européenne.
L’industrie table sur 200 millions d’ha d’ici à 2015
Le soja OGM représente plus de la moitié des surfaces de transgéniques dans le monde, suivi du maïs (30%), du coton (15%) et du colza (5%). Selon l’organisation, le maïs résistant à la sécheresse pourrait faire son apparition aux Etats-Unis d’ici à 2012, mais n’arriverait pas avant 2017 en Afrique sub-saharienne.
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Pour l’avenir, l’ISAAA se fixe pour objectif de voir une quinzaine de nouveaux pays adopter les OGM d’ici à 2015, essentiellement en Afrique et en Asie. A cette date, l’industrie espère passer le cap des 200 millions d’hectares cultivés par 20 millions d’agriculteurs ou plus. Elle table sur l’arrivée, en 2009, du soja de la seconde génération de Roundup ready qui permettrait d’engranger des rendements de 7 à 11 % supérieu aux semendces traditionnelles. L’industrie estime aussi que les OGM ont permis de réduire, de façon cumulée, de 9 % les quantités de pesticides répandues dans les champs entre 1996 et 2007.
Flambée des volumes et des prix des pesticides utilisés, selon les ONG
Ces arguments sont fortement contestés par les organisations écologistes. Les Amis de la terre insistent sur l’absence d’intérêt des OGM actuels pour les agriculteurs : loin de réduire le prix des pesticides, les transgéniques n’auraient pas, selon cette organisation, empêché une flambée de l’ordre de 134 % du prix du Roundup aux Etats-Unis en moins de deux ans. Toujours dans ce pays, principal utilisateur des OGM, les quantités de pesticides déversées sur les cultures n’auraient pas non plus baissé, loin de là. Selon les Amis de la terre, les quantités de glyphosate répandues sur les champs de soja ont, au contraire, progressé de 28 % entre 2005 et 2006. Enfin, l’organisation évalue à 6 % entre 1995 et 2003 la chute des rendements pour les exploitations ayant opté pour les semences de soja OGM aux Etats-Unis, celles-ci n’ayant pas été conçues pour améliorer les rendements, mais pour développer une tolérance aux herbicides, fait-elle valoir.