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Plan de performance énergétique 9 000 diagnostics énergétiques réalisés sur les 100 000 prévus pour 2013

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Les diagnostics énergétiques des exploitations agricoles qui doivent servir de base au plan de performance énergétique prévu par le Grenelle de l’environnement peinent à convaincre. Seuls 9 000 ont été réalisés alors que 100 000 étaient attendus pour 2013. Le manque de moyens financiers mis dans le plan explique en partie ce retard.

Seuls 9 000 diagnostics énergétiques d’exploitations ont été réalisés à ce jour sur les 100 000 qui doivent être effectués d’ici 2013 – comme le prévoit le Grenelle de l’environnement, a indiqué Karine Brulé, responsable du bureau de la biomasse et de l’énergie au ministère de l’Agriculture à l’occasion de la journée « Performance énergétique des exploitations agricoles » organisée le 23 novembre par l’Ademe et le ministère de l’Agriculture. D’une manière globale, le Plan de performances des exploitations qui prévoit des diagnostics mais également des investissements afin de réaliser des économies d’énergies a été victime de contraintes budgétaires importantes.
Ce qui explique notamment que les exploitations céréalières aient été exclues du dispositif – soumis à la contrainte du plan filière – au bénéfice de filières en plus grande difficulté. Problème : sans ces diagnostics, il sera très difficile d’évaluer si l’objectif de 30% d’exploitations à faible dépendance énergétique a bien été atteint en 2013. Karine Brulé espère que les exploitations de grandes cultures qui sont, elles aussi, consommatrices d’énergies directes (tracteurs…) et indirectes (fertilisants) pourront avoir accès aux aides du plan l’année prochaine. La circulaire sur le sujet est en phase de rédaction.

Développer les certificats d’économie d’énergie
En Rhône-Alpes, sur les 403 diagnostics réalisés depuis le lancement du plan en 2009, seuls 8 ont été fait seuls, sans lien avec un investissement financé par le PPE. En effet, pour bénéficier d’une aide à l’investissement dans le cadre du PPE, le diagnostic est obligatoire. « Résultat : on a très peu d’impact sur les économies d’énergie indirecte », regrette Cécile Philibert, en charge du PPE à la DRAFF de Rhône-Alpes. Deux filières ont principalement bénéficié des aides dans la région : l’aviculture pour isoler les bâtiments d’élevage (le conseil régional mène une grande politique de modernisation du secteur) et les producteurs de lait (pré-refroidisseur de tank à lait, matériel de séchage des fourrages…). Les certificats d’économie d’énergie (CEE) semblent pour le moment être la planche de salut du PPE. Mais ils sont encore très peu utilisés par le monde agricole. Ce dispositif, qui existe depuis 2006, impose aux fournisseurs d’énergie de faire des économies d’énergie ou d’acheter des « économies faites sur le territoire national ». Sur la période 2009-2013, ils doivent réaliser 345 TWh d’économies. L’agriculture fait partie des secteurs qui peuvent revendre leurs « économies ». Sept opérations standardisées sont pour le moment reconnues (pré-reroisseur, open-buffer, ban moteur…) et un décret en passe d’être publié va en ajouter sept autres (installation d’une chaudière à biomasse, double écran sur les serres…). Les agriculteurs peuvent négocier la vente de ces certificats avant le début des travaux. Ces CEE peuvent financer jusqu’à 20% de certains investissements. Mais deux freins bloquent le développement de ces CEE : le manque d’information du secteur agricole et la nécessité de négocier à plusieurs, en rassemblant les projets, pour peser face aux géants de l’énergie.
Le développement des diagnostics énergétiques pourrait également se faire grâce à ces CEE. Les chambres d’agriculture, en partenariat avec EDF, sont en train de travailler à faire reconnaître les diagnostics au titre des opérations standardisées. Ils seraient ainsi financés en partie par EDF.

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