« Le zéro artificialisation est possible si on le décrète », a déclaré Emmanuel Hyest, président de la Fédération nationale des Safer, le 6 décembre lors d’une audition devant la commission du développement durable de l’Assemblée nationale. « Il faut partir du principe qu’il n’y a plus de terrains disponibles sur notre territoire et qu’ils sont tous classés” durablement agricole” », a-t-il affirmé.
Auditionné sur le thème de l’artificialisation des terres, il a alerté les députés sur la reprise, depuis 2015, de l’extension urbaine. L’artificialisation des sols représente environ un département tous les 5 à 6 ans, selon Emmanuel Hyest. « À ce rythme, 9 à 10 % de la surface agricole pourraient disparaître en 50 ans ». Et ces 9 à 10 % représenteraient bien plus en termes de potentiel de production (12 à 15 %), car, explique Emmanuel Hyest, « ce sont souvent les meilleures terres qui sont artificialisées ».
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Pour lutter contre ce phénomène de perte des terres agricoles, Emmanuel Hyest a attiré l’attention des députés sur la nécessité de mener une véritable « réflexion globale d’urbanisme ». Le président de la FNSafer suggère la promotion des démarches intercommunales pour construire les plans d’urbanisme et éviter des changements de destination ubuesques. « Il y a besoin de réflexion collective pour que l’on ne voie plus sur un même territoire trois zones commerciales qui se cannibalisent », a-t-il fait remarquer. Il a par ailleurs conseillé un véritable travail de reconquête des friches, car ces dernières « sont souvent l’antichambre du changement de destination ».