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Sécheresse 900 000 tonnes de paille contractualisées selon la FNSEA

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Au 5 juillet, la FNSEA annonçait que son « opération paille » avait permis de réunir près de 900 000 tonnes. Le premier train de paille, en provenance du Loiret et à destination de la Corrèze, est parti deux jours plus tard. Selon les sources, ce sont de 1 à 3 millions de tonnes de paille qui devraient circuler cette année sur les routes de France.

«Depuis trois mois, une sécheresse historique sévit sur la France avec des conséquences dramatiques [...] », rappelle la FNSEA dans un communiqué le 5 juillet. « Nous avons sensibilisé et responsabilisé les uns et les autres pour éviter la spéculation sur le marché de la paille, souligne le syndicat. Ainsi, en opérations collectives, cela a permis de contractualiser à ce jour 900 000 tonnes de paille entre départements offreurs et demandeurs ». « L'heure est désormais au transport de cette paille si nécessaire pour nourrir les cheptels. Et là, il faut l'admettre, toutes les bonnes volontés sont réunies et les appels de la FNSEA pour qu'une logique d'efficacité soit mise en place ont été entendus », se satisfait le syndicat, « même si tout n'est pas réglé tant les problèmes logistiques sont importants ». La FNSEA a « sollicité les transporteurs routiers, la SNCF, les sociétés d'autoroute, l'armée, les entreprises de matériel agricole ». « Tous nous ont rejoints et participent à ce grand élan de solidarité », conclut la FNSEA.

Un train de 600 m de long

Le premier train de paille s'est élancé le 7 juillet d'Engenville, près de Pithiviers (Loiret) en direction de Brive (Corrèze). Composé de trente wagons (600 m de long), ce train va transporter quelque 500 tonnes de paille. Selon Tony Cornelissen, président de la FDSEA de Corrèze, la cargaison va être répartie entre « 30 à 40 éleveurs, à raison de 15 à 20 tonnes chacun ». Au total, entre 1 000 et 1 200 animaux devraient en profiter, à 80% des vaches allaitantes. « Le deuxième train devrait circuler la semaine prochaine. L'objectif est ensuite d'en faire 2 par semaine », précise Tony Cornelissen. En Corrèze, les éleveurs ont commandé 22 000 tonnes de paille fourragère, « mais on n'y arrivera pas même si les céréaliers sont de plus en plus nombreux à participer ». En Vendée, les commandes de paille enregistrées par la FDSEA s'élèvent à 23 000 tonnes. « Il faudrait 40 camions par semaine pour répondre à nos besoins », indiquait-on à la FDSEA de Vendée. La FDSEA de la Marne déclarait, le 7 juillet, dans un communiqué de presse qu'« à ce jour, 90 camions de paille sont déjà partis dans 6 départements (Haute-Saône, Jura, Puy de Dôme, Territoire de Belfort, Doubs, Nièvre) soit environ 1 300 tonnes. [...] Il est prévu d'envoyer à terme 119 000 tonnes de paille dans 17 départements. »

Un transport SNCF à prix coûtant

Pour le ministère de l'Ecologie, au 21 juin, « la quantité de paille à transporter est estimée à près d'un million de tonnes ». Jean-Pierre Fleury, président de la Fédération nationale bovine, parle plutôt de 3 millions de tonnes qui vont circuler sur toute la France durant le restant de l'année. Un transport par voie maritime entre l'Espagne et les ports de la façade atlantique est également actif afin d'approvisionner en paille des régions comme la Vendée. Côté finance, pour le train, « le transport se fait à prix coûtant », a précisé la filiale de fret de la SNCF, SNCF Geodis. Cependant, Xavier Beulin dans une lettre au Premier Ministre, datée du 7 juillet, souligne « un coût du transport ferroviaire facturé par la SNCF à des prix dissuasifs » et la non-concrétisation de l'engagement des société d'autoroutes « de leur volonté de s'associer à l'effort général ».

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