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Rapport de l’Ifen 96 % des mesures révèlent la présence de pesticides

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La situation ne s’améliore pas du côté de la présence des pesticides dans les eaux, selon l’Institut français de l’environnement (Ifen) qui a publié à la mi-août 2006 son rapport 2003 -2004 sur les pesticides dans les eaux : 96 % des mesures réalisées dans les cours d’eau et 61 % dans les eaux souterraines contenaient des résidus de pesticides en France.

L’Ifen, Institut français de l’environnement, vient de publier son rapport sur les pesticides dans les eaux regroupant les données 2003 et 2004. Depuis 1997 que l’Ifen publie ce document, le réseau d’analyses devient de plus en plus complet. Le nombre de molécules recherchées augmente régulièrement, passant de 217 à 459 sur cette période pour les eaux superficielles et de 186 à 417 pour les eaux souterraines. En 2004, 229 substances différentes ont été quantifiées au moins une fois dans les eaux superficielles contre 201 en 2002 ; et 166 substances différentes ont été quantifiées au moins une fois en eaux souterraines, contre 123 en 2002.

Les informations données dans ce rapport proviennent de deux sources : les réseaux de surveillance générale de la qualité de l’eau et les réseaux spécifiquement mis en place pour surveillance la pollution par les pesticides. Les résultats de ces deux réseaux sont analysés séparément.

Eaux de surface : la moitié des mesures de qualité « moyenne à mauvaise »

Pour les eaux superficielles dans les réseaux de connaissance générale, qui comptent 607 points de mesure, en 2004, l’Ifen a quantifié au moins une fois une des substances actives recherchées dans respectivement 96 % des points de mesure des cours d’eau. L’Ifen met en garde le lecteur du rapport : « 96 % des points de mesure des cours d’eau » ne signifie pas « 96 % des cours d’eau ». Au moins 297 points, soit 49 % des 607 points interprétables ont une qualité moyenne à mauvaise pour la potentialité biologique (permet la vie des organismes aquatiques) et la production d’eau potable (contre 46 % en 2002). 58 points, soit 10 %, ont des teneurs en pesticides qui peuvent affecter de manière importante les équilibres écologiques ou sont impropres à l’approvisionnement en eau potable.

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Dans les réseaux régionaux phytosanitaires d’observation de la qualité des cours d’eau, des concentrations de pesticides ont été quantifiées sur 97 % des 510 points interprétables. 34 points d’observations sont jugés de qualité très bonne. Au moins 280 points, soit 55 % ont une qualité moyenne à mauvaise. 15 % ont des teneurs en pesticides qui peuvent affecter de manière importante les équilibres écologiques ou sont impropres à l’approvisionnement en eau potable.

Les principaux pesticides responsables des classements en qualité « mauvaise » l’eau analysée dans les cours d’eau pour les années 2003 et 2004 sont : l’AMPA (produit de dégradation du glyphosate), le diuron, le glyphosate, l’isoproturon et l’aminotriazole. Les molécules les plus quantifiées sont celles précédemment citées ainsi que l’atrazine et ses deux métabolites.

Eaux souterraines : un tiers des mesures de qualité « médiocre à mauvaise »

Pour les eaux souterraines, dans les réseaux de connaissance générale, des concentrations de pesticides ont été quantifiées sur 61 % des 910 points de mesures. Au moins 249 points, soit 27 %, sont de qualité médiocre ou mauvaise et nécessiteraient un traitement spécifique d’élimination des pesticides s’ils étaient utilisés pour produire de l’eau potable (contre 23 % en 2002). 10 points de mesures (soit 1 %) ont des teneurs supérieures aux normes réglementaires et nécessiteraient une autorisation exceptionnelle du ministère de la Santé s’ils étaient utilisés pour produire de l’eau potable. Dans les réseaux phytosanitaires des concentrations de pesticides ont été quantifiées sur 71 % des 205 points interprétables. Au moins 94 points, soit 46 %, ont une qualité médiocre à mauvaise. 5 points, soit 2,5 %, ont des teneurs qui traduisent une inaptitude à la production d’eau potable. Les principales molécules responsables des classements en qualité « mauvaise » l’eau analysée dans les eaux souterraines en 2003 et 2004 sont le glyphosate, l’atrazine et le chlortoluron. Les substances les plus quantifiées dans les eaux souterraines sont l’atrazine et ses trois métabolites, un métabolite de la terbuthylazine, la simazine, l’oxadixyl et le diuron.