Alors que l’UE se rapproche sérieusement de son objectif d’abandons volontaires des quotas de production, le secteur s’estime de plus en plus menacé par un éventuel accord dans les négociations de l’OMC.
Les quantités de quotas abandonnées avec compensation financière au titre de la seconde phase du plan de restructuration du secteur du sucre pour 2008/09 atteindraient quelque 850 000 tonnes, selon les dernières données fournies à Bruxelles par les Etats membres.
Il s’agit toutefois d’un chiffre temporaire, car l’éligibilité de ces demandes devait être confirmée à l’échéance du 16 avril.
Si celui-ci est confirmé, les renoncements aux quotas dans le cadre du programme communautaire s’établissent à l’heure actuelle à 5,650 millions de tonnes au total, soit seulement 350 000 tonnes de moins que l’objectif de 6 millions de tonnes fixé par la réforme de 2006.
Hypothèque
Mais, dans le même temps, l’hypothèque du cycle de Doha pèse sur le secteur. Le ministre français de l’Agriculture, Michel Barnier, a ainsi souligné, lors du Conseil de l’UE, le 14 avril à Luxembourg, que l’actuel projet de compromis élaboré par le président du groupe des négociations de l’OMC sur l’agriculture, Crawford Falconer, aurait pour conséquence une augmentation de 40 % du quota d’importation tarifaire d’importation de sucre existant aux frontières communautaires.
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Si ce produit est déclaré « sensible » Voir même numéro, l’UE devra augmenter son quota tarifaire dans une proportion de 3 à 6 % de sa consommation intérieure, soit un supplément de 470 000 à 900 000 tonnes, estime-t-on de sources professionnelles.
S’il n’est pas considéré comme « sensible », le droit de douane sur le sucre sera réduit comme ceux des autres produits, et les volumes importés sans limites risquent d’avoir un très fort effet à la baisse sur les prix.
Mariann Fischer Boel, la commissaire européenne à l’agriculture, a reconnu que le sucre pourrait être l’un des principaux problèmes pour l’UE en cas d’accord à l’OMC. Elle a assuré que la Commission avait l’intention d’utiliser tous les instruments disponibles pour amortir le choc. Sans pouvoir préciser si une sorte de clause de sauvegarde spéciale pourrait être prévue à l’issue du cycle de Doha pour contrer les hausses subites des importations.