« Aux États-Unis, la chute du prix du porc charcutier est vertigineuse et directement liée à la crise sanitaire », indique l’Ifip (institut français du porc) dans une note de conjoncture du 20 avril. D’après l’Ifip, le prix du porc a perdu outre-Atlantique 35 centimes de dollars (soit 32 centimes d’euros) « entre la dernière semaine de mars et la seconde du mois d’avril ». Principale raison : un ralentissement brutal de l’activité des abattoirs, pénalisés par un absentéisme important dû à l’épidémie de Covid-19.
Entre le 13 et le 20 avril, trois usines totalisant 11 % de la capacité d’abattage du pays ont fermé indéfiniment à cause de nombreux cas de coronavirus (JBS à Worthington, Smithfields à Sioux Falls et Tyson foods à Columbus Junction). De nombreux autres outils tournent au ralenti. Or, « la production est forte », relève l’Ifip. D’après l’université de l’Iowa (citée par le Centre de développement du porc du Québec, CDPQ), les éleveurs de porcs américains pourraient perdre 37 dollars (environ 34 euros) par porc commercialisé jusqu’à la fin de l’année. D’après le CDPQ, avant le Covid-19, « les analystes de l’industrie prévoyaient des revenus d’environ 10 $ US par porc en moyenne pour 2020. »
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Pour ne rien arranger, la consommation de viande est freinée par l’impact de la crise sanitaire sur le pouvoir d’achat des Américains. « Afin de retrouver un certain équilibre, la filière américaine tente d’augmenter ses exportations », note l’Ifip. En janvier et février 2020 – avant d’être frappés par le Covid-19 –, les États-Unis avaient déjà gonflé leurs exportations de viandes et produits porcins de 41 % en volume et 54 % en valeur par rapport à 2019, d’après le CDPQ. Une croissance tirée par la Chine, premier consommateur mondial de porc. La concurrence vers cette destination s’exacerbe, sachant que les droits de douane sur certains produits porcins américains ont été levés le 2 mars. Les Européens pourraient en faire les frais, car, comme le relève l’Ifip, « l’écart de prix entre les produits européens et américains est important. »
« Afin de retrouver un certain équilibre, la filière américaine tente d’augmenter ses exportations »