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Filière porcine Abattoirs AIM : les salariés en grève, Declomesnil retire son offre

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Le dossier des abattoirs AIM en difficulté a connu une semaine mouvementée. Les salariés se sont mis en grève dans la nuit du 19 février, pour protester contre les licenciements attendus à l'annonce des trois offres de reprise. Celle du groupe Declomesnil qui concernait les activités de découpe et de distribution de porc a été retirée, quatre jours plus tard. Une table ronde s'est tenue au ministère de l'Agriculture, le 26 février, à l'issue de laquelle une autre « piste sérieuse » a été évoquée.

Longue semaine pour les abattoirs AIM. Elle a commencé dans la nuit du 19 au 20 février vers minuit, quand les salariés se sont mis en grève pour protester contre les 400 licenciements (sur 600 salariés) que laissaient présager les trois offres de reprises déposées au tribunal de commerce de Coutances, le 18 février. Quatre jours plus tard, un communiqué du groupe Declomesnil (Basse-Normandie) annonçait qu'il retirait son offre, pour laquelle il était accompagné par Sofiprotéol (groupe Avril), de reprendre les activités de découpe et distribution de porc des abattoirs en difficulté AIM (Manche). Declomesnil déplorait dans son communiqué « l'absence totale de dialogue, rejeté par les représentants du personnel, par leurs conseils » et « l'arrêt total de l'activité de l'abattoir et des livraisons », qui ne permettent « plus de préserver le fonds de commerce ».

Salariés contre éleveurs

Le 24 février, le ton monte entre les salariés et les éleveurs de la coopérative Cap 50, actionnaire majoritaire des abattoirs. Le parquet de Coutances annonce qu'il va ouvrir une enquête préliminaire après avoir reçu un courrier des salariés d'AIM faisant état, selon l'avocate des salariés, de faits pouvant être qualifiés d'abus de bien sociaux. Cap 50 est notamment accusée d'avoir fait perdre 22M€ en quatre ans à AIM en obligeant l'entreprise à vendre sa viande moins chère qu'elle ne l'achetait à la coopérative. « Il suffit de voir les comptes de Cap 50 et le niveau de vie des éleveurs pour comprendre que ce n'est pas comme cela que ça fonctionne. Le prix du porc est fixé par le marché », a retorqué l'avocat de Cap 50, Laurent Jourdan.

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Table ronde

Une semaine plus tard, une table ronde a été organisée au ministère de l'Agriculture le 26 février, où une délégation inter-ministérielle (Agriculture, Économie, Travail, Écologie) a reçu les salariés, des représentants de la coopérative Cap 50 et les collectivités locales. La réunion s'est conclue sur une note « plutôt positive » et a permis de « remettre les choses à plat », a commenté Mme Balleroy (CGT) à l'AFP. « Il s'agissait surtout de renouer le dialogue entre les interlocuteurs du dossier, commente l'avocat de Cap 50, Laurent Jourdan. Il faut maintenant trouver un repreneur ». Une « piste sérieuse » pour la reprise du principal site d'abattage-découpe de porcs à Sainte-Cécile (Manche) a été évoquée. Le patron de l'entreprise Declomesnil, qui a retiré son offre de reprise des activités de découpe et de distribution de porc, le 23 février, était absent de la réunion. Sofiprotéol (groupe Avril), qui accompagnait cette offre, était en revanche présent. Le groupe est ouvert à accompagner, de façon minoritaire, une éventuelle autre offre de reprise.