D’après son agenda, le ministre de l’Agriculture devait participer jeudi 6 juillet à une « réunion relative à la présentation de la stratégie abattoirs ». Dans une vidéo diffusée lors de l’assemblée générale de la FNP (producteurs de porcs, FNSEA) le 16 juin, Marc Fesneau indiquait vouloir « impulser une démarche qui garantisse pour les années à venir la préservation d’un réseau d’établissements d’abattage répondant aux besoins des filières d’élevage ». À cette occasion, le locataire de la Rue de Varenne avait insisté sur « l’approche territorialisée » qu’il entendait adopter. Interrogé par Agra Presse le 5 juillet, le directeur de Culture Viande (abatteurs privés) Paul Rouche avoue « ne pas comprendre » l’initiative du ministre : « Refaire des abattoirs ne va pas dans le sens de l’histoire, il faut surtout restructurer le parc existant ».
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D’après Philippe Pruvost, administrateur de Culture Viande, « une vingtaine de petits abattoirs sont en graves difficultés et pourraient cesser leur activité d’ici la fin de l’année » (sur environ 230 abattoirs de boucherie en France). Vu le contexte de prix élevés de la viande et de l’énergie, « il y a tout intérêt à avoir des outils de taille importante qui permettent d’écraser les charges », plaide Paul Rouche, qui tranche : « Il n’y a pas de place pour le bricolage autour des abattoirs. » Le secteur a récemment bénéficié d’aides pour sa modernisation, inclus dans le Plan de relance post-Covid lancé fin 2020. Quelque 180 projets avaient été soutenus pour un total de 112 M€ de subventions, autour de trois axes : amélioration du bien-être animal et du respect de l’environnement, compétitivité, formation.