L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a publié, le 31 mars, un rapport scientifique décrivant la méthode qu’elle compte utiliser pour définir les objectifs de protection des abeilles domestiques contre les effets des pesticides en fonction de la variabilité de fond de la taille des colonies. Cette méthode repose sur un pourcentage de variabilité naturelle des colonies d’abeilles et un modèle mathématique conçu par Syngenta – le modèle Beehave – pour définir le niveau acceptable d’augmentation de la mortalité des abeilles due aux pesticides, qui pourrait être établi à 20 %. Cette évaluation doit servir de base à la révision, en cours, des lignes directrices pour l’évaluation des risques des pesticides sur les abeilles. La Commission a demandé à l'Efsa de travailler avec les parties prenantes (agriculteurs, industriels, ONG…) sur de nouvelles lignes directrices pour aboutir, d’ici l’été, à une proposition.
L’Efsa indique dans son rapport avoir utilisé le modèle Beehave pour évaluer la variabilité normale de la taille des colonies dans dix-neuf scénarios environnementaux de l’UE couvrant un éventail de conditions géographiques, climatiques et apicoles. Une comparaison a été faite entre les résultats du modèle et les mesures effectuées sur des groupes témoins dans le cadre d’études expérimentales sur le terrain.
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Mais ce modèle est vivement critiqué depuis déjà quelques mois par les ONG qui lui reprochent d’être simpliste (1). Par exemple, selon elles, les données pour définir la variabilité normale de la taille d’une colonie proviennent de colonies en milieu agricole où des pesticides sont utilisés, ce qui n’est pas scientifique. Cette variabilité normale devrait être, estiment-elles, mesurée dans un environnement vierge. Les ONG, mais aussi la commission de l’Environnement du Parlement européen, préféraient attendre la finalisation d’un autre modèle, appelé ApisRAM, sur lequel travaille également l’Efsa mais qui ne sera pas disponible avant plusieurs mois.