Abonné

Accord commercial UE/Japon : les exportations de produits à base de viande français seront facilitées

- - 4 min

Le Japon vient de confirmer que la procédure d’autorisation pour les demandes d’exportation de viande bovine (ou de produits à base de viande bovine) de plusieurs États membres de l’UE, dont la France, sera finalisée plus rapidement.

À la suite de l’entrée en vigueur, en 2019, de l’accord de partenariat économique (APE) UE/Japon, l’UE a intensifié ses efforts pour traiter les questions d’accès aux marchés agricoles avec le Japon. La Commission européenne explique que c’est suite à « des contacts politiques au plus haut niveau, notamment une réunion entre le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, et le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, à Osaka en juin dernier, que la procédure d’accès au marché nippon des produits de viande européen a été allégée". Le Japon a, en effet, confirmé que la procédure d’autorisation pour les demandes d’exportation de produits à base de viande bovine – notamment de France, du Danemark et de Pologne – (qui sont actuellement en instance) sera finalisée plus rapidement, conformément aux procédures d’évaluation des risques internes. La Commission européenne précise que ces autorisations viendront s’ajouter aux autorisations précédemment accordées par le Japon aux États membres de l’UE pour les importations de viande bovine et/ou de produits à base de viande bovine depuis 2013 (notamment la France, l’Irlande, l’Italie, la Pologne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas).


Le commissaire chargé de l’agriculture, Phil Hogan, qui a rencontré son homologue japonais en mai 2019 pour discuter notamment de ces questions, a exprimé sa satisfaction de voir le marché japonais s’ouvrir davantage au bœuf et aux produits à base de bœuf de l’UE à l'issue d’une interdiction durable due à la crise de l’ESB (encéphalopathie spongiforme bovine). Il a précisé que le geste du gouvernement japonais devrait permettre « à un plus grand nombre encore de producteurs et d’opérateurs de l’UE de bénéficier de la principale concession obtenue dans le cadre de l’accord de partenariat économique UE-Japon ». Il est utile de rappeler qu’étant donné que le marché japonais de la viande bovine et des produits à base de viande bovine est hautement protégé à la fois par des droits de douane élevés et par des règles sanitaires et phytosanitaires très strictes, les ouvertures offertes aujourd'hui constituent une réussite non négligeable pour les exportateurs de viande bovine de l’UE vers ce marché très lucratif. A titre de rappel, les exportations de viande bovine de l’UE vers le Japon bénéficieront pendant des années d’une réduction tarifaire de 38,5 % à 9 %, d’un volume de sauvegarde atteignant 50 500 tonnes en 10 ans, mais suivie ensuite d’une augmentation annuelle indéfinie. 

Par ailleurs, pour améliorer la prévisibilité pour les opérateurs, l’UE et le Japon ont échangé des délais « indicatifs et raisonnables » pour le traitement des demandes d’exportation d’autres produits alimentaires tels que les fruits (par exemple les poires de Belgique, les kiwis d’Italie et de Grèce ou les cerises de Hongrie et du Portugal), ainsi que les demandes « de régionalisation » concernant la fièvre porcine africaine en provenance de Hongrie, Belgique et Pologne (1). Ces délais indicatifs sont censés contribuer notamment à réduire les retards injustifiés dans le traitement des demandes des opérateurs de l’UE qui souhaitent exporter vers le marché japonais.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre

(1) Une « régionalisation », consiste à faire en sorte que si un sanglier contaminé est retrouvé dans un département/province, cela ne bloque pas les exportations de produits porcins issus d’autres régions, notamment vers les pays tiers (hors UE).