Une convention de mécénat entre la fondation marnaise Paris-Reims (soutien aux sciences du vivant dans le but d’élargir les débouchés des produits agricoles), et la fondation Fondagen, proche du Genopole d’Évry, a été signée le 26 octobre au Sénat sous la présidence du sénateur René-Paul Savary. Objectif : donner l’accès du biosourcé à la biologie de synthèse, une science émergente.
Deux mondes différents viennent de se rejoindre : celui du soutien aux débouchés des produits agricoles à travers les sciences du vivant, et celui du soutien à l’innovation en biotechnologies, pour multiplier les perspectives de l’industrie du biosourcé. La fondation marnaise Paris-Reims, présidée par le sénateur René-Paul Savary, et la fondation Fondagen ont signé une convention par laquelle la première verse un don de 100 001 € à Fondagen afin de soutenir les actions dans le domaine de la biologie de synthèse (voir encadré).
Des projets dans le secteur très prometteur de la biologie de synthèse
À travers cette convention de mécénat entre ces deux fondations peu connues dans les milieux agricoles et dans le grand public, les promoteurs du biosourcé et les biotechnologies les plus avancées ont établi un pont qui devrait donner un puissant coup d’accélérateur à l’industrie du biosourcé, à en juger par les explications de Pierre Tambourin, président de Fondagen et directeur général du Genopole jusqu’en janvier 2017 : ce soutien « permettra de financer des projets nouveaux dans le secteur très prometteur de la biologie de synthèse, ingénierie de la biologie dont les applications touchent peu à peu tous les domaines industriels : énergie biosourcée, chimie verte, environnement, matériaux biosourcés, agroalimentaire, textile et santé ».
Pierre Tambourin a cité l’exemple d’une molécule emblématique des prouesses de la biologie de synthèse, l’artémisinine. Cette substance est un médicament efficace contre la malaria. Elle est extraite d’une plante utilisée dans la médecine traditionnelle chinoise, appelée armoise annuelle, coûteuse car son rendement est faible. Mais en utilisant des techniques de biologie de synthèse, on a créé une souche de levure qui produit l’acide artémisinique, précurseur de ce médicament. Les levures consomment des sucres, et donc valorisent de la biomasse.
Dans un premier temps, la biologie de synthèse recourra aux fermentations bactériennes ou de levures à partir de sucres issus de la mélasse de betterave et de glucose de blé, de maïs ou de pommes de terre. Ainsi elle pourra « multiplier des débouchés à petits volumes et fortes marges, ou gros volumes et faibles marges… ou gros volumes et fortes marges », a précisé Pierre Tambourin.
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Demain, mais probablement dans longtemps, la biologie de synthèse pourra adresser au monde agricole des commandes de plantes spécifiques, dont certaines ne sont pas encore développées pour l’instant, a évoqué Olivier de Bohan, président d’une autre fondation, la fondation Jacques de Bohan. Constituée par les coopératives marnaises Vivescia et Cristal Union, cette dernière a été l’opérateur du partenariat entre Paris-Reims et Fondagen, et assurera le suivi des travaux.
Un pont avec les biotechnologies les plus avancées qui devrait donner un puissant coup d’accélérateur à l’industrie du biosourcé
Qu’est ce que la biologie de synthèse ?
La biologie de synthèse est un domaine scientifique qui a l’ambition de créer des fonctions et organismes qui n’existent pas dans la nature, dans un but de connaissances et d’applications, selon l’Inra. Les objets construits peuvent être de simples molécules (enzymes), ou des organismes entiers (micro-organismes spécialisés dans la production de composés comme les biocarburants, les médicaments, etc.).