La Commission européenne et l’Australie ont procédé le 1 décembre à la signature d’un accord sur le vin couvrant des aspects aussi divers que l’élaboration, la présentation, l’étiquetage, la protection des désignations ainsi que la commercialisation. Cet accord important qui remplace celui de 1994 signifie notamment la fin des appellations usurpées de type « Champagne » ou « Porto » en Australie.
«Nous avons obtenu, et c’est essentiel, la protection de nos indications géographiques et de nos mentions traditionnelles », s’est réjoui Mariann Fischer Boel, la commissaire à l’agriculture. Le Comité européen des entreprises vins (CEEV) est également très satisfait par cet accord qui, selon lui, amène « un pays producteur de vin majeur comme l’Australie à reconnaître toutes les indications géographiques des vins européens, à éliminer dans l’année toutes les usurpations persistantes, et aussi à reconnaître le principe et une partie de nos mentions traditionnelles ». Pour le CEEV, c’est ce type d’accord bilatéral que l’UE doit tenter de conclure avec ses autres partenaires commerciaux. Il est cependant peu probable que l’UE parvienne à brève échéance à un accord similaire avec les Etats-Unis, pays avec lequel l’UE tente en vain d’aboutir à un compromis depuis plusieurs années sur le respect des indications géographiques. Cette mauvaise volonté de Washington est due au fait que, contrairement à l’Australie, le marché européen est marginal pour les Etats-Unis, tandis que, le marché américain est essentiel pour les Européens. En 2007, l’Australie a exporté vers l’UE des vins pour 950 millions d’euros et la valeur des vins européens expédiés vers l’Australie n’a été que de 87 millions d’euros.
Les concessions faites par l’Australie ...
Aux termes de cet accord, l’UE et l’Australie se sont engagés à protéger mutuellement leurs indications géographiques et ont fait, de part et d’autre, plusieurs concessions importantes. Les concessions australiennes portent sur les points suivants :
– suppression de certaines appellations traditionnelles un an après l’entrée en vigueur de l’accord : champagne, chablis, sherry, porto, bourgogne, graves, manzanilla, marsala, moselle, sauterne et bourgogne blanc. La disparition du terme tokay interviendra d’ici 10 ans ;
– suppression de certaines expressions traditionnelles européennes (« Amontillado », « Claret » « ou encore « Auslese » un an après l’entrée en vigueur de l’accord ;
– reconnaisance du système européen d’étiquetage pour le vin (il s’agit de la distinction entre les mentions obligatoires et optionnelles devant être ou non indiquées sur l’étiquette).
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... et les concessions faites par l’UE
Les concessions suivantes ont été faites par l’UE :
– simplification des procédures de certification pour les vins australiens vendus dans l’UE ;
– procédure plus rapide et plus transparente pour la reconnaissance des pratiques d’élaboration des vins australiens ;
– poursuite, à certaines conditions, de l’utilisation des termes relatifs aux vins de qualité, comme « vintage », « cream » et « tawny » pour désigner des vins australiens exportés vers l’Union.
Par ailleurs, l’UE et l’Australie ont convenu de faire subsister certaines indications communes comme par exemple le « Montana » utilisé en Bulgarie en tant qu’indication géographique et comme marque commerciale en Australie. Il en est de même avec le terme « Southcoast » qui est une indication géographique en Australie et qui pourra être utilisé en tant que marque dans l’UE.