La commission de l’environnement du Parlement européen vient d’adopter une résolution sur l’acrylamide qui rejette le projet de règlement de la Commission européenne qu’elle considère comme impossible à respecter, notamment par les PME. Elle demande à la Commission de revoir sa copie.
Dans leur résolution sur l’acrylamide, les membres de la commission de l’environnement du Parlement européen considèrent que la détermination de seuils de présence de cette substance potentiellement cancérigène dans les denrées alimentaires « n’est pas la mesure la plus efficace pour garantir la protection des consommateurs ». Et qu’au contraire, celle-ci conduirait à une bureaucratie excessive en particulier pour les petites et moyennes entreprises. Ils estiment que la mesure la plus appropriée serait « une campagne d’information et de sensibilisation sur la présence d’acrylamide dans certaines denrées alimentaires », campagnes qui s’adresseraient aussi bien aux entreprises qu’aux consommateurs. Tout en rappelant que la majeure partie de l’industrie de l’Horeca est constituée de PME, les eurodéputés estiment que les exigences imposées aux PME (petits restaurants, boulangeries et détaillants locaux) par le projet de règlement de la Commission européenne sont « irréalisables et disproportionnées ».
Ils considèrent qu’un règlement sur les mesures d’atténuation visant à réduire la présence d’acrylamide dans les denrées alimentaires ne doit pas réglementer les pommes de terre que les exploitants du secteur alimentaire doivent utiliser, car, disent-ils, ceux-ci « ont toujours besoin de la liberté de choisir les ingrédients respectifs pour leurs recettes ». Ils considèrent aussi que les exploitants du secteur alimentaire qui produisent du pain et d’autres produits de boulangerie fine sont également affectés de façon disproportionnée par les mesures d’atténuation proposées dans le processus de cuisson et que les prescriptions relatives à la couleur du pain et des sandwichs sont « excessives et minent la liberté et la responsabilité des petites boulangeries et des exploitants du secteur alimentaire ». Les députés estiment également le projet de règlement de la Commission ne tient pas compte de la cuisine traditionnelle et des méthodes de cuisson de certains plats traditionnels. En conclusion, ils s’opposent à l’adoption du projet de règlement de la Commission et invitent donc la Commission à le retirer et à en présenter un nouveau d’ici juillet 2018.
C’est quoi l’acrylamide ?
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L’acrylamide est une substance chimique qui se forme naturellement dans les aliments riches en amidon au cours des processus quotidiens de cuisson à haute température (friture, cuisson au four, rôtissage, et transformation industrielle à + 120 °C). Il se forme principalement à partir des sucres et des acides aminés (essentiellement l’asparagine) naturellement présents dans de nombreux aliments. Le mécanisme chimique à l’origine de ce processus est appelé « la réaction de Maillard » ; c’est également cette réaction qui confère une couleur dorée aux aliments et affecte leur saveur.
En juin 2015, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a publié un avis scientifique selon lequel l’acrylamide dans les aliments augmente potentiellement le risque de développement d’un cancer pour les consommateurs de tous les groupes d’âge et notamment les enfants.
Actuellement, les États membres de l’UE surveillent les niveaux d’acrylamide dans les aliments et soumettent ces données de surveillance à l’EFSA. La Commission européenne recommande aux États membres d’effectuer des enquêtes dans les cas où les niveaux d’acrylamide dans les aliments dépassent certaines valeurs dites « valeurs indicatives » fixées par la Commission comme guide.