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Adhésions : des syndicats pudiques sur leurs chiffres

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Aucune des cinq centrales – à l’exception du Modef – n’a communiqué le nombre de ses adhérents, arguant le plus souvent d’une organisation fédérale qui ne permettrait pas l’agrégation des données de chaque structure locale.

Quand il s’agit du nombre des adhérents, les syndicats sont pudiques. Pour mesurer leur état de forme, la plupart d’entre eux se réfèrent au nombre de votants aux chambres d’agriculture. À la FNSEA, on concède ainsi une « érosion » de la base, et on constate simplement que l’état de forme du réseau varie selon les départements. Arnaud Rousseau, vice-président, identifie « un tiers de départements extrêmement dynamiques, un tiers dans la moyenne et un tiers en plus grande difficulté ». Moins que des questions de culture régionale ou de filières, les différences s’expliqueraient par « la dynamique humaine », selon l’élu. « Parfois, pendant quatre ou cinq ans, il y a une belle dynamique dans un département, liée à une bonne équipe. Puis, il peut y avoir une forme de paupérisation après son départ. »

Chez les JA, le secrétaire général Arnaud Gaillot reconnaît aussi une érosion, mais n’est pas non plus alarmiste : « Nous observons que notre taux de pénétration reste constant chez JA. Autrement dit : la courbe des adhésions suit celle des installations. »

« RAS » chez les minoritaires

À la Confédération paysanne, le nombre d’adhérents serait stable, voire en légère hausse, assure son porte-parole national Nicolas Girod.

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La Coordination rurale, elle, ressent même une impression de montée en puissance : « Notre histoire remonte à une vingtaine d’années, rappelle Alain Combres. Quand je suis arrivé au poste de directeur, il y a onze ans, on avait moins d’adhérents. La CR n’était pas comme aujourd’hui présente sur tout le territoire, toutes les cultures. » Si ses adhérents vieillissent, la CR pense tout de même tirer son épingle du jeu chez les jeunes. « Lors des élections aux chambres de 2019, beaucoup de jeunes sont venus sur nos listes, plus que les JA sur celles des FDSEA, et cela dans plein de départements (les Savoie, dans le Sud-Ouest, le Centre). »

Créé en 1959, le Modef est l’un des grands perdants du déclin des petits exploitants, et de la montée en puissance de la CR et de la Conf'. De 19 % en 1976, puis 8 % dans les années quatre-vingt-dix, il a obtenu 1,89 % des voix en 2019 au niveau national (3 600 votes), avec une présence dans seulement vingt départements. Malgré cela, le Modef constate une « petite progression » de son nombre d’adhérents sur la dernière décennie, y compris chez les jeunes, rapporte sa directrice Sophie Bezeau. À l’heure actuelle, le Modef compterait 10 000 adhérents à jour de leur cotisation, dont 500 jeunes, contre environ 8 000 adhérents dont une centaine de jeunes il y a dix ans. Des résultats positifs que le Modef met au crédit d’un changement de stratégie opéré il y a dix ans.

« Chez JA, notre taux de pénétration reste constant »