Il serait cynique de remarquer que la formule de Jean de la Fontaine était peut-être prémonitoire. Mais force est de constater que Bruxelles n’a plus, et ne se donne pas, les moyens de freiner la crise de l’élevage qui pousse les agriculteurs à l’exaspération, en France notamment. L’aide au stockage privé, instrument à double tranchant, semble être aujourd’hui sa seule parade. Victime de son succès, celle pour le porc a été suspendue au bout de trois semaines, ayant permis d’absorber temporairement 90 000 tonnes pour un coût d’environ 28 millions €. Confrontée aux manifestations de ses professionnels, qui l’ont par ailleurs très peu utilisée, la France va en demander la remise en route. De même qu’elle va tenter d’obtenir une réglementation européenne sur l’étiquetage de l’origine de la viande dans les produits transformés, démarche particulièrement ardue compte tenu des réticences de la Commission européenne. Et la légère latitude laissée par l’OMC pour octroyer encore quelques restitutions à l’exportation pour le porc n’est certainement pas une alternative. Pour le lait, le régime de stockage privé de la poudre (et du beurre) va être prolongé de sept mois, et ce alors que les volumes déjà retirés du marché pèsent lourdement sur le secteur. Et que, assène Bruxelles, « la situation est intenable pour tous à long terme ». Dans un tel contexte, il faudrait diminuer la production, admet d’ailleurs un analyste de la Commission. Mais ce n’est certainement pas l’exécutif européen qui proposera une initiative en ce sens. Quant à la viande bovine, secteur qui se juge « extrêmement fragile », il est très exposé aux accords de libre-échange en cours ou en voie de négociation, avec les États-Unis ou le Mercosur en particulier. Et là aussi, les regards se tournent vers Bruxelles.
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