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Afrique : profiter de la crise du Covid-19 pour promouvoir l’autosuffisance alimentaire

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« La crise du Covid-19 nous apprend que nous devons être plus autosuffisants et dynamiques », souligne Ndidi Okonkwo Nwuneli, associée-gérante au sein de l’agence nigériane Sahel Consulting Agriculture et nutrition, dans le cadre d’une vidéoconférence organisée par La Coalition pour l’alimentation et l’utilisation des terres le 15 juin. « À cette fin, nous devons, sur le continent africain, construire un partenariat public-privé qui permettrait notamment de tirer parti des technologies, ajoute-t-elle. Aujourd’hui, nous voyons déjà différentes approches concernant la gestion de l’eau ou encore la santé et la fertilité des sols. Il est crucial d’étendre ces approches et de les démocratiser. Pour cela nous avons besoin d’un environnement politique favorable, et des gouvernements qui sont prêts à investir ».

La chef d’entreprise explique que la première étape est d’éduquer les agriculteurs et de leur donner les connaissances suffisantes afin qu’ils puissent à la fois s’autonomiser et produire des denrées de qualité. « Il faut leur donner les moyens financiers et matériels nécessaires afin qu’ils puissent rejeter certains engrais et pesticides, déjà interdits dans d’autres parties du monde. Et tendre ainsi vers des méthodes de production plus agroécologiques », précise-t-elle. Sur ce point, Gerda Verburg, secrétaire générale adjointe des Nations unies, coordinatrice du mouvement SUN, ajoute que « les agricultrices auront un rôle crucial à jouer. Si on leur permet d’accéder à des services financiers et des outils technologiques, elles seront ainsi en mesure de produire au moins 25 % à 35 % de plus, ce qui réduira déjà le nombre de personnes souffrant de malnutrition ».

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Par ailleurs, Ndidi Okonkwo Nwuneli insiste pour que les multinationales investissent aussi dans les projets agricoles menés par les petites et moyennes entreprises : « Ces initiatives doivent permettre de créer un cercle vertueux. En effet, si les multinationales décident d’investir et de s’approvisionner auprès des agriculteurs locaux, cela aura pour principal effet d’améliorer leurs ressources financières. Ces solutions locales auront ainsi un impact énorme sur la résilience du système d’approvisionnement alimentaire ».